Au Nom du Fils

RÉALISATION : Vincent Lannoo
AVEC : Astrid Whettnall, Philippe Nahon, Achille Ridolfi, Zacharie Chasseriaud, Albert Chassagne-Baradat, Jacky Nercessian, Marie-Jeanne Maldague…
ORIGINE : Belgique, France
GENRE : Drame, Comédie noire
DATE DE SORTIE : 7 mai 2014
DURÉE : 1h23
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Elisabeth est une catholique convaincue. Mère de famille et épouse aimante, elle met sa foi au service des autres en animant sur Radio espoir chrétien une émission de dialogue pour auditeurs en perte de repères. A la demande du diocèse, elle accueille chez elle le Père Achille qui fera dorénavant partie de la famille.
Ce qu’elle croit être une vie idyllique va très vite tourner au cauchemar. Son mari meurt d’un accident de chasse lors d’un exercice d’entrainement d’un genre assez particulier et elle découvre que son fils de 14 ans est victime du Père Achille.
Confrontée de plein fouet à la réalité de la vie mais surtout au silence et au déni de l’Église, elle perd tout sens de la charité chrétienne. Adoptant la loi du Talion, œil pour œil, dent pour dent, elle se lance dans une folle croisade vengeresse.

Sans demi-mesure, aucune !

Les films traitant de la pédophilie dans les milieux religieux sont assez rares d’autant plus quand ils sont traités sous un ton acide avec une certaine dose d’humour noir. C’est pourtant le cas du film Au Nom du Fils qui jette un très gros pavé dans la mare. Car à l’image du personnage d’Elisabeth, le réalisateur Vincent Lannoo ne fait pas dans la dentelle et appuie là ou ça fait mal, très mal. C’est d’ailleurs pour cela que le film s’est déjà fait des ennemis et que ce n’est pas près de s’arrêter avec sa sortie prochaine en salle.

On y suit donc le personnage d’Elisabeth, catho ultra-pratiquante qui va être bouleversée par la mort de son mari et les actes de pédophilie commis sur son fils par un prêtre. C’est suite à ce dernier évènement, qu’Elisabeth se lance dans sa quête de vengeance. Croisade empreinte de folie, mais non dénuée de logique, totalement à l’antipode du personnage du début du métrage, ainsi que de ses convictions et encore de ce qu’elle prêche dans son émission de radio. On accompagne donc la progression de ce personnage au fur et à mesure de sa quête jusque dans une prise de conscience de ses actes suite à des conséquences inattendues.

L’humour noir (marque de fabrique du cinéma belge, comme C’est arrivé près de chez vous) est apporté par petites touches délicates et délicieusement dosées. Que ce soit via quelques répliques d’auditeurs dans l’émission de radio, ou encore par le personnage de l’ingé son de cette même émission, mais surtout dans certaines situations d’exécution. Hormis le premier meurtre commis avec une rare violence, proche de la scène de l’extincteur dans Irréversible de Gaspard Noé, qui lui est plus proche d’un cri du cœur totalement exutoire.

Même si le film est une véritable critique et/ou satire concernant le silence de L’Église sur ces affaires (et même sur l’extrémisme religieux au sens large), le réalisateur ne se contente pas de verser dans la polémique. Il prend également soin de montrer l’impact et les dangers que peuvent avoir le passage à l’acte en faisant justice soi-même. Bref, un véritable film coup de poing porté par une excellente Astrid Whettnall avec une palette émotionnelle très riche que Vincent Lannoo prend soin de mettre en lumière avec brio. Tout cela jusque dans un final avec Leonien, hommage à la dernière séquence du célèbre Le Bon, la Brute et le Truand.

Pour terminer, même si Astrid Whettnall est mise sur le devant de la scène, les acteurs secondaires ne sont d’ailleurs pas laissés de côté pour autant. Ils montrent même une totale implication dans leurs rôles respectifs, je pense notamment à Philippe Nahon qui montre encore une fois qu’il est le nouveau Jean Gabin. Une véritable pépite acidulée à ne pas rater au cinéma, bien évidemment !


Au Nom du Fils va faire, même si le fait déjà, l’effet d’une bombe ! Mené tambour battant, sans concession ou plutôt sans confession. Traité avec intelligence et un humour décomplexé qui ne tombe jamais dans l’extravagance et le grand guignolesque. Le tout porté par une comédienne brillante, des seconds rôles tout aussi convaincants, et un réalisateur qui maîtrise son sujet.

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