Blade 2

RÉALISATION : Guillermo Del Toro
AVEC : Wesley Snipes, Kris Kristofferson, Ron Perlman, Léonor Varela, Norman Reedus, Donnie Yen, Thomas Kretschmann…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Fantastique, Action
DATE DE SORTIE : 19 juin 2002
DURÉE : 1h55
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Blade, un être mi-homme mi-vampire, s’est juré d’exterminer jusqu’au dernier ces créatures assoiffées de sang qui ont tué sa mère et l’ont contaminé. Epaulé par Whistler, son mentor, il est bientôt rejoint par Scud, un informaticien fidèle à sa cause depuis que Blade l’a sauvé des crocs des vampires. Face à eux, un groupe de vampires d’élite connu sous le nom de Bloodpack. Dirigée par la jeune Nyssa, une experte en arts martiaux, cette équipe s’entraîne dans un seul but : tuer Blade.
Mais les priorités changent. Une nouvelle menace vient de faire son apparition sous les traits de Jared Nomak. Ce dernier est l’hôte d’un virus hautement contagieux et mortel pour l’homme et les vampires. Les deux races vont devoir unir leurs forces pour éliminer Jarek et les Reapers, une nouvelle espèce de créatures qu’il a engendrée.

Blade le killer-poseur !

La fin des années 90 et débuts 2000 à connu l’essor d’une vague d’un genre nouveau que l’on pourrait nommé comme gothiques industriels. Bien que la saga Matrix était le porte-étendard de ce genre voué à disparaître, car fruit de la mode de l’époque millénium, d’autres sagas de moindre envergure ont elles aussi marquée cette décennie. C’est notamment le cas de la saga Blade. Créé en 1973 chez Marvel Comics, par Marv Wolfman et Gene Colan, Blade était au début un personnage secondaire de la série de comics Tomb of Dracula avant de devenir, par la suite, le rôle principal de plusieurs comics. Bien que le premier Blade, réalisé par Stephen Norrington, ai connu un succès conséquent (plus de 130 millions de dollars au box office) lançant ainsi l’âge des Comic Books Movie, c’est bien le second opus réalisé par Guillermo Del Toro qui a remporté le plus de succès au box office, comme auprès du public. Ce qui fait entrer Blade 2 dans la liste, très sélecte, des films suites surpassant le premier film. Bien que meilleur sur quelques points par rapport à son prédécesseur, Blade 2 est loin d’être sensationnel.

Pour cette suite, Guillermo Del Toro hérite du cahier des charges de la franchise et de son scénariste David S. Goyer. Entre les mains du cinéaste mexicain, la franchise va prendre une direction inattendue abandonnant le ton sombre et premier degré du premier pour revenir au source du personnage du comic book. A savoir une personnalité loquace, vantard et beaucoup plus vulgaire et grossier, inspiré de Shaft et la blaxploitation, mais surtout très proche de l’argot de la rue des années 1970. Mais Del Toro, ne faisant que très rarement dans la demi-mesure, enfonce la porte ouverte à grand coup de tatane pour grossir les traits de Blade en allant dans la surenchère. Certes, cela icônise le personnage par moment, mais bien trop souvent il bascule de l’autre côté de la ligne en le rendant bien trop caricatural. Le sur-jeu habituel testostéroné de Wesley Snipes, ses nombreuses punchlines, et l’aspect cheap de l’ambiance gothique industriel ou techno-gothique (pour reprendre les termes de Guillermo Del Toro) n’arrangent rien à ce constat et fait de Blade 2 (comme les deux autres films de la saga) un objet filmique complètement daté sur cet aspect. 

En revanche, l’arrivée de Guillermo Del Toro a apporté de nombreux bons points à ce second opus. D’une part on lui doit la création des fameux reapers, qui en plus de leur design bestial qui rappelle quelque peu le Nosfesratu de Murnau et leur système nutritif inspiré des sangsues, apporte un rebondissement mais surtout une profondeur inattendue au récit dans le dernier tiers du métrage au travers de la tragédie familiale des Damaskinos. De plus ce retournement de situation combiné à la relation en Blade et Nyssa (Leonor Varela) vient nuancer le manichéisme de la franchise en y apportant une tonalité shakespearienne. Mais l’énorme point fort d’un réalisateur comme Del Toro c’est qu’il vient littéralement dynamiser la mise en scène du métrage, là ou Stephen Norrington s’efforçait seulement à rendre son action tout juste lisible sans un vrai parti pris artistique. Certes la création de la L-cam facilite l’aisance technique de Blade 2, mais celle-ci ne serait rien sans le talent de Guillermo Del Toro. La plupart des séquences d’actions chorégraphié par Donnie Yen (bien meilleur chorégraphe qu’acteur) sont le fruit d’une remarquable alchimie entre une habile composition graphique des plans, un découpage millimétré et une science du rythme bien loin du surdécoupage d’un actionner lambda. Avec ce film, Guillermo Del Toro impose son style à la franchise en le rendant ainsi plus violents, plus gore mais surtout nettement plus spectaculaire, même si l’on aurait apprécier un traitement beaucoup plus pondéré sur son personnage principal.


Blade 2 est certainement le meilleur film de la franchise grâce à la mise en scène virtuose de Guillermo Del Toro. Mais il aurait été bien meilleur si l’approche de son personnage avait été beaucoup plus mesuré et son approche techno-gothique moins prononcé.

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