Blue Ruin

Un vagabond solitaire, Dwight, voit sa vie bouleversée lorsqu’il retourne à sa maison d’enfance pour accomplir une vieille vengeance. Se faisant assassin amateur, il est entraîné dans un conflit brutal pour protéger sa famille qui lui est étrangère.

La vengeance est un thème récurrent dans l’histoire du cinéma. Même si celui-ci est souvent exploité, et bien que l’on pourrait considérer que tout a été dit sur le sujet, il arrive encore aujourd’hui à certains films de sortir du lot. Les références dans ce domaine se trouvent plus facilement en Corée du Sud, mais cette fois-ci c’est des États-Unis que nous vient la surprise, avec le deuxième long-métrage de Jeremy Saulnier : Blue Ruin. Malgré un postulat de départ très simple, et d’un léger budget (37828 dollars en financement participatif), le film arrive à nous captiver grâce à de nombreux aspects.

Le premier point qui se détache aisément est la qualité du casting, Macon Blair (l’interprète de Dwight) en est la figure de proue. Malgré le peu de dialogue dans le film, le comédien s’impose de par sa prestance, pourtant bien loin des clichés des durs à cuire. Son personnage, sous son air quelque peu simplet et fortement brisé, se révèle être touchant. Il contient d’un bout à l’autre du métrage ses émotions, les faisant rarement ressortir, sauf à des moments précis du récit mais toujours avec une certaine retenue. Un sens de la sobriété que l’on retrouve d’ailleurs dans d’autres aspects du film. Le reste du casting, n’a pas à rougir du premier rôle, même si leurs temps de présence à l’écran sont beaucoup plus amoindris. Chacun des comédiens ont été choisi pour leurs physiques marqués (sans être péjoratif) afin d’incarner aux mieux leurs rôles qui se cantonnent principalement à de la présence physique. Les dialogues se font très rares pour laisser place à l’introspection des personnages. De toute manière, la qualité des interprétations, à travers les regards, en dit bien plus long et sont bien plus fort qu’une réplique, qui aurait pût tomber à plat voir pire, sombrer dans le pathos. Le silence en devient même un rôle essentiel dans la qualité du film.
Comme dit plus haut, sobriété est le maître mot de ce film. Tous les aspects artistiques du film respectent cette consigne primordiale en un tout cohérent. Jeremy Saulnier qui en plus d’être le scénariste et réalisateur, est également le directeur de la photographie. Sans excès, il soigne chaque plan avec une composition de plans soignés, accompagnés d’un éclairage et d’un choix des couleurs murement réfléchit. Ces choix permettent d’accentuer certaines situations (la séquence de la fête foraine) ou d’appuyer la psychologie du personnage principal tout en symbole (la séquence où la voiture s’enfonce dans le brouillard d’une route sinueuse, tel un point de non-retour). En faisant le pari de la simplicité, Jeremy Saulnier a su apporter un regard neuf à ce genre de film. Sans fioriture aucune, il nous entraine avec lui au côté de son personnage dans sa croisade où plutôt son apprentissage vengeresse qui réserve sont lot de surprises narratives et d’évènement choc mais toujours avec une retenue intelligente et maîtrisée. Blue Ruin est encore une preuve que le cinéma indépendant peut toujours surprendre. Jereremy Saulnier réalise ici un film intimiste ou la sobriété en fait sa principale qualité, sans chercher à en faire trop, il arrive à remplir son objectif : nous toucher. Un réalisateur à suivre, assurément.
RÉALISATION : Jeremy Saulnier
AVEC : Macon Blair, Devin Ratray, Amy Hargreaves, Kevin Kolack, Eve Plumb, David W. Thompson, Brent Werzner…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Thriller, Drame
DATE DE SORTIE : 8 juillet 2014
DURÉE : 1h34
BANDE-ANNONCE

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