Exodus : Gods and Kings

L’histoire d’un homme qui osa braver la puissance de tout un empire.
Ridley Scott nous offre une nouvelle vision de l’histoire de Moïse, leader insoumis qui défia le pharaon Ramsès, entraînant 600 000 esclaves dans un périple grandiose pour fuir l’Egypte et échapper au terrible cycle des dix plaies.

Exodus est le quatrième film relatant le récit biblique de Moïse et des fameuses dix plaies de l’Égypte. On garde bien évidemment en mémoire, le monument du septième art qu’est Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille (auto-remake de sa version muette de 1923) et dans une moindre mesure le film d’animation Le Prince d’Égypte. Afin de se différencier de son colossal prédécesseur, Ridley Scott a la rude tâche de devoir faire preuve d’imagination et d’inventivité. Malgré, une filmographie qui s’effrite de film en film, le célèbre réalisateur a les capacités requises afin de remplir son contrat. De plus, après avoir réalisé un péplum assez réussi (Gladiator) et un film d’aventure qui développait tout son potentiel dans sa version longue (Kingdom of Heaven), nous sommes en mesure de croire que Exodus peut être le retour de Ridley Scott par la grande porte. Un espoir qui malheureusement est de courte durée et qui s’estompe de minute en minute, tant les enjeux réels du film sont minimalistes voir inexistants.

Au vue de la bande-annonce, on est en droit de s’attendre à un film à grand spectacle, que ce soit au travers des dix plaies, ou encore à travers la célèbre traversée de la Mer Rouge. En réalité, le spectateur s’apprête à faire une longue et ennuyeuse traversée du désert dès son entrée en salle. Car l’intrigue du film se focalise essentiellement sur la confrontation entre Moïse et Ramsès, balayant de ce fait tout le potentiel grand spectacle du long-métrage. Il en est d’ailleurs fait de même pour tous les enjeux et intrigues secondaires qui auraient apportés plus de consistance à un récit bien pauvre. Un duel bien maigre tant le charisme et le background des deux protagonistes Christian Bale (Moïse) et Joel Edgerton (Ramsès) en est réduit à des répliques insipides et vide de toutes émotions. Le salut ne viendra d’aucun autres personnages car ils sont tous relayés au second plan voir même à de la simple figuration, un comble quand on a le luxe d’avoir Sigourney Weaver et Ben Kingsley au casting. Certes, cette version cinéma est handicapée d’au moins 45 à 60 minutes de film, coupé au hachoir et monté à la truelle, mais rien ne laisse envisager ne serait-ce qu’une potentielle amélioration du métrage dans sa version longue.

Ce qui manque concrètement au film, en plus d’un scénario inexistant, est une réel ambition artistique et un véritable souffle épique pour tenter de nous emporter. La mise en scène n’est que trop rarement inspirée. Seul deux scènes sont partiellement emballantes, la première plaie avec une attaque de crocodile digne des Dents de la Mer et un léger sursaut lors de la traversée de la Mer Rouge. Ridley Scott avait pourtant, sous la main, la possibilité de se servir à loisir de la beauté des décors, véritable manne abondante pour nous en mettre plein la vue, mais il n’en profite que trop rarement. Le salut, ne viendra pas non plus de la part de la musique car elle reste cloîtrée à un habillage en fond sonore avec autant de présence qu’un figurant.

En revanche, là où Exodus fera parler de lui c’est pour l’intention de ces partis pris. Tout d’abord en tentant d’expliquer rationnellement la majorité des plaies d’Égypte, qui, soit dit en passant, sont expédiées en deux temps, trois mouvements. Mais surtout sur le pari osé de matérialiser Dieu dans la peau d’un gosse capricieux qui va donner des crises de foi à plus d’un croyant, surtout en cette période de fin d’année. Idée et parti pris qui aurait été très intéressant si cela avait été amené avec bien plus d’intelligence qu’un grand coup schizophrénique sur la tête. Une dualité folie-foi représentative de la narration de Ridley Scott qui ne sait jamais sur quel pied danser provoquant quelques contradictions de-ci de-là et ne validant jamais un point de vue définitif, comme s’il avait peur d’assumer un parti pris. De cette confusion bancale de 2h30, on ne retiendra qu’une seule chose, Ridley Scott n’est maintenant plus que l’ombre de lui-même en terminant d’achever sa filmographie vers le bas. Triste et amer constat ! Ridley Scott montre un nouvelle fois qu’il n’est plus le réalisateur d’antan en filmant son sujet avec une passivité déconcertante. Sans jamais aller au fond des choses, Exodus se résume en un ennui quasi permanent où l’on attend qu’une seule chose : le générique de fin.

RÉALISATION : Ridley Scott
AVEC : Christian Bale, Joel Edgerton, John Turturro, Aaron Paul, Ben Mendelsohn, Sigourney Weaver, Ben Kingsley…
ORIGINE : États-Unis, Royaume-Uni, Espagne
GENRE : Action, Péplum
DATE DE SORTIE : 24 décembre 2014
DURÉE : 2h31
BANDE-ANNONCE

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