Ghost in the Shell

RÉALISATION : Mamoru Oshii
AVEC : Atsuko Tanaka, Akio Ōtsuka, Tamio Ōki, Iemasa Kayumi, Kōichi Yamadera, Tesshō Genda…
ORIGINE : Japon
GENRE : Action, Animation, Science-fiction
DATE DE SORTIE : 29 janvier 1997
DURÉE : 1h23
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Dans un Japon futuriste régi par l’Internet, le major Motoko Kusunagi, une femme cyborg ultra-perfectionnée, est hantée par des interrogations ontologiques. Elle appartient, malgré elle, à une cyber-police musclée dotée de moyens quasi-illimités pour lutter contre le crime informatique.
Le jour où sa section retrouve la trace du ‘Puppet Master’, un hacker mystérieux et légendaire dont l’identité reste totalement inconnue, la jeune femme se met en tète de pénétrer le corps de celui-ci et d’en analyser le ghost (élément indéfinissable de la conscience, apparenté à l’âme) dans l’espoir d’y trouver les réponses à ses propres questions existentielles…

Ouvrez votre esprit

Dans l’imaginaire collectif lambda, le cinéma d’animation est souvent considéré comme un art destiné seulement aux enfants. Une idée reçue qui a la vie dure et dont certains artistes font tout pour transformer cet a priori, en démontrant que l’ont peut faire des films d’animations complexes. Mamoru Oshii est l’un d’eux. Au même titre que Katsuhiro Ōtomo avec Akira, Mamoru Oshii se lance donc dans l’adaptation d’un manga seinen cyberpunk avec Ghost in the Shell du mangaka Masamune Shirow. Le rapport à l’œuvre initial qu’entretien Mamoru Oshii, ainsi que la teneur philosophique du propos, n’est d’ailleurs pas sans rappeler la relation entre Ridley Scott et son adaptation du livre de Philip K. DickLes androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, nommé Blade Runner à l’écran. A savoir, un profond respect pour l’œuvre, en transposant idéalement sa richesse esthétique et toute sa complexité. Car bien que son synopsis évoque plutôt un thriller d’action classique, Ghost in the Shell est en réalité un opéra métaphysique et philosophique, qui dès les premières minutes d’ouverture et le sublime score de Kenji Kawai, nous met dans les conditions idéales pour ouvrir notre esprit de réflexion et assister à une œuvre visionnaire majeure du cinéma d’animation.

Proposant à la fois des séquences d’actions percutantes et des séquences introspectives, Mamoru Oshii fait preuve d’une maîtrise totale dans toutes les formes de sa narration, que ce soit dans le ton comme les différents rythmes qu’un cinéma aussi exigeant que celui-ci impose. D’autant que l’aspect purement technique de Ghost in the shell fusionne parfaitement l’animation traditionnelle 2D et la technologie 3D encore en plein balbutiement. Bien que ses thèmes soient des classiques de la science-fiction, la force de Ghost in the shell se retrouve dans ces questionnements qui sont abordés, à la fois visionnaire mais pourtant si proche de nous. Qu’est-ce qu’être humain ? Pourquoi l’humain, en tant que Prométhée moderne cherche t-il constamment à créer la vie ? Y a-t-il une différence entre l’humain et le robot doté de conscience et de sensibilité ? Quelle est la place du cyborg dans l’ordre naturel établi ? Y a-t-il une frontière entre le corps et l’esprit ? Mais surtout qu’elle serait le combat d’un cyborg afin de s’affirmer, de vivre puis d’évoluer à son tour ? Vous avez quatre heures !


Ghost in the Shell est un monument du cinéma d’animation et même un monument du cinéma en général. Adaptant le manga cyberpunk de Masamune Shirow, Mamoru Oshii est en avance sur bon nombres de cinéastes sur la question de l’intelligence artificielle.

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