Goal of the Dead

RÉALISATION : Benjamin Rocher, Thierry Poiraud
AVEC : Alban Lenoir, Charlie Bruneau, Ahmed Sylla, Tiphaine Daviot, Patrick Ligardes, Alexandre Philip, Bruno Salomone…
ORIGINE : France
GENRE : Comédie horrifique
DATE DE SORTIE : 27 février 2014
DURÉE : 2h20
BANDE-ANNONCE
SYNOPSISPour l’Olympique de Paris, aller disputer ce match amical à Capelongue aurait dû être une simple corvée de fin de saison. Personne n’aurait pu anticiper qu’une infection très semblable à la rage allait se propager, et transformer les habitants du petit village en créatures ultra-violentes et hautement contagieuses. Pour Samuel – l’ancienne gloire près de la retraite, Idriss-le prodige arrogant, Coubert – l’entraîneur dépressif, ou Solène – la journaliste ambitieuse, c’est l’heure de l’affrontement le plus important de leur vie.

Le Shaun of the Dead du pauvre

Les zombies ont envahi le monde que ce soit à travers des BDs, films, jeux-vidéos et séries TV. Il devient donc de plus en plus difficile pour les créateurs de se démarquer dans la horde zombiesque. Pour ce faire, le tandem Benjamin Rocher et Thierry Poiraud ont décidés de mêler l’univers des morts-vivants, ou plutôt des contaminés, à celui du football. Pourquoi pas après tout ? De plus, le duo décide de traiter le sujet sous fond de comédie comme l’avait été auparavant Le Retour des Morts-Vivants du regretté Dan O’Bannon ou plus récemment par Shaun of the Dead d’Edgar Wright ou encore Bienvenue à Zombieland de Ruben Fleisher. Pari plus que difficile, mais néanmoins osé de passer après ceux-là.

A l’image d’un match de football, les deux réalisateurs coupent le film en deux parties (ou deux mi-temps si vous préférez) et chacun met en scène son propre segment mais avec cohérence dans tous les points. La première partie est réalisée par Benjamin Rocher, qui de ce fait retrouve le monde des zombies après le très mauvais La Horde. Son segment s’intéresse plus précisément au développement des différents protagonistes et l’origine de la contamination alors que le deuxième segment, réalisé par Thierry Poiraud (Atomik Circus) met l’accent sur l’action et le dégommage de contaminés en bonne et due forme. Un « cliffangher » faisant le lien entre les deux parties.

Mais qu’en est-il concrètement de ce Goal of the Dead ? Et bien c’est aussi raté ou presque que La Horde. Même si l’idée de départ n’est pas mauvaise en soi, le ton général est complètement sabordé par des personnages grotesques et caricaturaux mais surtout par une vision des habitants du nord du même acabit que l’affaire de la banderole qui avait fait débat lors d’un match PSG – Lens au Stade de France. Non ce n’est pas de « l’humour », c’est tout simplement pathétique et irrespectueux ! Les rares bonnes idées en terme d’humour sont l’autodérision des journalistes du Canal Football Club, et la critique bien sentie du monde sans pitié du football business. Tout le reste n’est qu’une accumulation de clichés, même si tout cliché a une part de vérité, ce n’est pas une raison pour en faire une généralité…

Hormis ces gros points noirs d’humour potache et franchouillarde, et ses dialogues qui volent aussi bas que des pâquerettes, les réalisateurs font tout de même preuve de générosité dans certains moments de mise en scène. Je pense notamment à toutes les séquences de slow motion sur les exécutions de contaminés, certes gratuites, mais qui font preuves d’un certains esthétisme. Plus quelques bonnes trouvailles par ci par là, comme le but marqué avec une tête de zombie (qui était obligatoire) ou encore un certain effort dans la photographie. Même si filmer un match de foot en contre-jour n’est pas forcément une bonne idée.

Au final, Goal of the Dead est un pari raté et qui nivelle le cinéma de genre par le bas en y mettant de l’humour de bas étage (pour être poli). Heureusement que certains réalisateurs font en sorte de relever le niveau. Mais avec une bassesse comme ce film, la tâche va être de plus en plus difficile, pour que des jeunes auteurs puissent montrer ce qu’ils savent faire dans le cinéma de genre, afin d’inquiéter un cinéma français trop conventionnel qui a bien besoin d’être bousculé.


Pour faire court, il ne suffit pas de mettre des zombies et un semblant d’humour pour faire un Shaun of the Dead. C’est un travail d’orfèvre savamment dosé qui permet d’y arriver, il va falloir encore des heures et des heures d’entrainement à Benjamin Rocher et Thierry Poiraud s’ils veulent réussir à inscrire ou pérenniser leurs noms sur la feuille de match du cinéma de genre !

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