Godzilla

RÉALISATION : Gareth Edwards
AVEC : Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Ken Watanabe, Elizabeth Olsen, Sally Hawkins, Juliette Binoche, David Strathairn…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Science-fiction, Action, Aventure
DATE DE SORTIE : 14 mai 2014
DURÉE : 2h03
BANDE-ANNONCE
SYNOPSISLe physicien nucléaire Joseph Brody enquête sur de mystérieux phénomènes qui ont lieu au Japon, quinze ans après un incident qui a irradié la région de Tokyo et déchiré sa propre famille. Refusant de s’en tenir à la version officielle qui évoque un tremblement de terre, le scientifique revient sur les lieux du drame accompagné par son fils Ford, soldat dans la Navy. Ils découvrent que les incidents ne sont pas liés à une catastrophe naturelle, mais à des monstres réveillés par des essais nucléaires dans le Pacifique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ces créatures sont surveillées par une organisation nommée Monarch, mais elles menacent bientôt la sécurité de l’archipel d’Hawaï et la côte Ouest des États-Unis. Au même moment, la compagne de Ford, infirmière et jeune maman, gère les blessés dans un hôpital de San Francisco.

Ultimate Godzilla

16 ans après la désastreuse première aventure américaine du roi des sauriens, il était donc temps de laver l’affront de cet insipide métrage réalisé par le tâcheron Roland Emmerich. Pour ce faire, c’est au réalisateur du très remarqué Monsters, Gareth Edwards, de relever le défi. Une mission certes périlleuse mais encourageante à la vue des nombreux teasers.

C’est donc avec une introduction, rappelant Jurassic Park, que le film démarre sur une île des Philippines avant d’amener « l’action » sur la terre natale du roi des monstres, à savoir le Japon avant une escapade aux États-Unis. Un retour aux sources, en signe d’hommage, logique mais nécessaire pour une relecture du mythe digne de ce nom. Le metteur en scène en profite pour raviver les souvenirs de la catastrophe de Fukushima. Une touche moderne tragique qui amène de la consistance à l’introduction, tout en développant une histoire bien plus dense et une forme de réflexion sur le danger continuel du nucléaire (comme l’original de 1954).

Patience est le maitre mot du film, car le réalisateur et ses scénaristes prennent bien le temps avant de nous dévoiler le tant attendu big boss des kaijus, ce qui fera probablement hurler certaines catégories de spectateurs en manque de sensations fortes. L’ambiance et l’histoire s’installent petit à petit, à la manière des films de Steven Spielberg. On pense essentiellement au film Les Dents de la Mer, dont la narration est très proche. Du fait d’introduire la créature détail par détail avant de nous la présenter dans toute sa splendeur, mais surtout par la crête dorsale du Godzilla qui sort de l’eau dès que celui-ci est en mer. Le nom de famille des personnages principaux, Brody, ou encore le petit bateau à la fin du film sont également des références directes. Afin de nourrir l’appétit des fans de la créature et surtout de la célèbre saga de la Toho, plusieurs éléments sont disséminés que seuls les spectateurs les plus aguerris sauront reconnaitre. Ces petits détails sont une véritable mise en bouche avant de découvrir la bête dans un plan classique, qui nous la fait découvrir des pieds à la tête, ponctué par son célèbre cri. Jouissif !

Hormis la grande beauté du monstre éponyme, fidèle à celui de 54, la mise en scène globale du film est également un gros point fort, car elle diffère et se démarque totalement de tous les films du genre. Tout ou presque est filmé à petite échelle, afin de s’attarder au mieux sur le point de vue humain et sur l’impact que créé la venue des titans dans notre quotidien qui leur parait si petit. Même si les nouvelles créatures créées pour le film n’y vont pas dans la dentelle en terme de destruction, Godzilla lui, fidèle à ses origines, se place aussitôt comme le défenseur de la nature et le meilleur ami de l’homme. Malgré son imposante grandeur, il occasionne tout de même quelques dommages collatéraux, comme un tsunami dévastateur. Le talent de Gareth Edwards s’affiche également dans certains plans d’une beauté rare dans ce type de film, tel un tableau apocalyptique. Je pense notamment au plan large de la chute des parachutistes, souligné par une musique qui appuie le côté cauchemardesque de cette scène. Frissons garantis !

Le film fait également preuve d’audace dans le traitement des personnages. Là où beaucoup de film de monstre se contentent d’y incorporer des personnages lisses voir creux, tel Cloverfield ou dans une moindre mesure Pacific Rim, les personnages ici ont un fond. Le fer de lance étant bien évidement le personnage incarné par Bryan Cranston dans sa quête de réponses sur la catastrophe nucléaire du début du film et qui se donne ici corps et âme. Aaron-Taylor Johnson sous ses aspects de personnage classique, s’investit dans son rôle avec une certaine retenue ce qui colle parfaitement à sa fonction. Il parviendra toutefois à transparaitre une certaine émotion communicative lors d’un « échange » avec Godzilla, proche du cinéma de Miyazaki.

Après avoir joué avec nos émotions et notre patience tout en faisant monter la tension durant les trois quarts du film, le réalisateur termine le film en apothéose. Dans un final ou il laisse libre cours à toute la puissance dévastatrice de ses monstres jusqu’au point culminant où Godzilla est totalement magnifié de par sa puissance. Puis le film s’achève sur une scène où Gareth Edwards montre tout le respect et l’admiration qu’il a pour tout ce qu’incarne Godzilla. Malgré quelques facilités et de rare clichés, le contrat est plus que pleinement rempli. Chapeau bas l’artiste, le fan du monstre que je suis te dit grandement merci !


Avec cette relecture du célèbre Godzilla, Gareth Edwards montre l’étendue de son talent en faisant un film de fan pour les fans. Tout ce que l’on pouvait espérer y est présent et avec la manière en prime. L’affront de 1998 est lavé et le blason de Godzilla redoré, ce qui mérite bien la note suprême.

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