Godzilla : Final Wars

A la suite d’une vague incessante de guerres et d’une croissance démesurée de la pollution, d’énormes monstres font leur apparition. Heureusement pour l’humanité, l’EDF (Earth Defense Force), veille et emploie des unités mutantes pour combattre la nouvelle menace. Lorsque les différentes créatures gigantesques se mettent à attaquer simultanément les diverses capitales de la planète, l’EDF se retrouve soudainement impuissante face à l’énorme invasion.

2004, Godzilla s’apprête à fêter ses 50 ans d’existence. Pour célébrer cet anniversaire, tout en concluant l’ère Millénium amorcé en 1999 avec Godzilla 2000 de Takao Okawara, la Toho souhaite terminer ce cycle en apothéose. Satisfait de leur collaboration avec Ryuhei Kitamura sur le film Azumi (adaptation du seinen chambara éponyme), le studio lui confit le projet. Le déjanté réalisateur de Versus, l’Ultime Guerrier est bien décidé à dynamiter le mythe Godzilla, à l’image de l’expérimentation qui caractérise l’ère Millénium, tout en renouant avec l’esprit de l’ère Showa (1954-1975). Intention alléchante sur le papier mais dont le résultat s’avère plus proche d’un mélange improbable aux allures de maxi best of totalement chaotique.

Joyeux bordel, c’est probablement la meilleure définition que l’on pourrait donner à Godzilla : Final Wars. En même temps, cela ne pouvait être autrement vu le nombres de têtes pensantes derrière le projet avec ses quatre scénaristes. D’un côté le tandem Ryuhei Kitamura et Isao Kiriyama qui partagent une vision totalement décomplexée, opposé à la vision beaucoup plus traditionnelle de Wataru Mimura et Shogo Tomiyama. Deux points de vue qui s’entrechoquent régulièrement entre hommage et parodie. De la même manière que les bonnes et mauvaises idées fusent aussi vite que le récit part dans tous les sens. Ce qui n’empêche pas le film de s’alourdir avec l’intrigue des Xiliens (en rappel d’Invasion Planète X). Invasion que l’on croirait sortis tout droit d’un mauvais épisode de Goldorak, utilisant les kaijus comme des vulgaires Golgoths. Ou encore quand les Xiliens et les protagonistes humains-mutants de l’EDF (dont le chef est interprété par le catcheur Don Frye grimé en Staline version beauf) s’affrontent eux mêmes, en mode Matrix super sentai ou Retour du Jedi. Bien que la mise en scène énergique de Ryuhei Kitamura emballe le tout avec une dérision jubilatoire, à l’image de ses fameux travellings circulaires en mode poseur bourré de second degré, qui étaient déjà la marque de fabrique de Versus, l’Ultime Guerrier. Cette rapidité de passer d’une chose à une autre, fait que Ryuhei Kitamura empile les apparitions des célèbres monstres de la saga sous forme de guest, comme si on regardait tous les films de la franchise en accéléré, leurs donnant à peine le temps d’exister. En revanche, on ne peut s’empêcher de bouder notre plaisir quand Godzilla vient ratatiner le seul monstre en CGI : le détestable « Zilla » (l’usurpateur sorti tout droit du film de Roland Emmerich). Fort heureusement, les séquences de combats typiquement kaiju eiga sont souvent très spectaculaires. Hormis la séquence parodique ou Godzilla affronte King Caesar et un Anguirus vite relégué en vulgaire ballon de foot.

Godzilla: Final Wars est donc un film passablement jubilatoire. Certes le combat final face à Monster X est un des meilleurs de la saga. Voir Godzilla passer de menace insurmontable à ultime espoir de l’humanité, en un seul et même film, est un très beau résumé de la licence. La séquence dans la Manche qui fait référence à Atragon de Ishiro Honda, en début de film, fait son petit effet. Mais les nombreuses parodies, les égarements narratifs avec les personnages humains et extraterrestres viennent bien trop parasiter ces moments de plaisir. La faute à Ryuhei Kitamura, bien que talentueux, qui n’a pas réussi à contrôler sa démesure. Quelque part à l’image de la franchise, qui même si elle a connu ses moments de gloire n’a pas pu s’empêcher de tomber dans ses propres clichés et le mauvais goût. Un résultat qui laisse tout de même un gout amer à ce gâteau d’anniversaire des 50 ans, malgré son final aussi émouvant qu’innovant. Tantôt jouissif, tantôt frustrant, Godzilla: Final Wars est à l’image de la licence capable du pire, comme du meilleur, même si l’on voudrait garder que le meilleur.

RÉALISATION : Ryûhei Kitamura
AVEC : Masahiro Matsuoka, Rei Kikukawa, Akira Takarada, Kane Kosugi, Kazuki Kitamura, Maki Mizuno, Don Frye…
ORIGINE : Japon, États-Unis, Chine, Australie
GENRE : Action, Fantastique, Science-fiction
DATE DE SORTIE : 31 août 2005
DURÉE : 2h05
BANDE-ANNONCE

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