Godzilla : La Planète des Monstres

Un groupe de réfugiés tente de recoloniser la Terre 20000 ans après sa conquête par Godzilla. Mais un jeune homme et bien déterminé à prendre sa revanche.

Depuis quelques années Godzilla a de nouveau le vent en poupe, entre le reboot américain intégré au Monsterverse et le  troisième reboot japonais, ce n’est pas près de s’arrêter. Ce qui n’est pas pour déplaire aux fans de kaiju eiga. Godzilla : La Planète des Monstres est le nouveau venu et la première itération de Godzilla dans le monde de l’animation (si on oublie la série animée dérivé du très mauvais film de Roland Emmerich). Il fait donc office de première partie d’une trilogie qui tente d’apporter de la nouveauté dans la plus grande licence de la Toho, tout en attirant un nouveau public plus enclin que jamais au monde de l’anime et de la culture nippone. 

Si la franchise Godzilla a toujours quelque peu surfée sur la vague de science-fiction, jamais elle n’avait assimilée autant les codes et les éléments de ses différents sous-genre : fuite de la terre au bord de la destruction, extra-terrestres, vaisseaux spatiaux, hyper-espace (avec bond dans le temps et l’espace), colonisation d’autres planètes, mécha, etc… On pourrait donc déjà définir cette trilogie, au delà du genre kaiku eiga, comme étant du space-opera post-apocalyptique. Comme tout premier chapitre d’une trilogie, Godzilla : La Planète des Monstres est là pour installer les fondements d’une intrigue globale étalée sur trois films avec tous les handicaps que cela peut créer. A savoir un rythme particulièrement lent pour pouvoir poser les bases correctement. De ce fait, il faut rester pleinement concentré pendant le premier tiers. Car toutes les informations importantes de son univers, nécessaire à la compréhension, sont données d’une traite à la manière d’un repas riche et copieux. Ce procédé fera certainement décrocher les spectateurs les moins attentifs. Les aficionados seront eux content de retrouver, sous forme de flash infos ou de répliques, les plus iconiques adversaires de Godzilla. Dont une surprise déjà teasée que l’on pourra découvrir pleinement dans le second opus, Godzilla : Battle Mobile Breeding Cityau vu d’une première affiche déjà diffusée sur la toile.

Comme chaque film qui reboot la franchise ou introduit une « nouvelle époque », Godzilla : La Planète des Monstres traite avant tout de ses personnages humains ou humanoïdes (vu que ce film introduit des races extraterrestres à l’apparence humaine). De ce fait, on voit très peu Godzilla dans le métrage, ce qui risque de frustrer certains spectateurs, principal argument des détracteurs du Godzilla de Gareth Edwards. Les réalisateurs Kobun Shizuno (Knights of Sidonia) et Hiroyuki Seshita, ainsi que leur scénariste Gen Urobuchi, se focalise essentiellement sur leur personnage principal : Haruo (Mamoru Miyano). Personnage qui peut s’avérer être le problème de ce premier épisode de la trilogie. Car celui-ci est totalement antipathique, vaniteux, borné et à la limite du fanatisme. Ainsi, on éprouve pour lui qu’un simple rejet à sa cause, là ou son background (la mort de ses parents dans une attaque de Godzilla) devrait en principe être totalement l’inverse en évoquant de l’empathie. Ce rejet est probablement voulu de la part des auteurs et entre peut-être dans le cadre d’une reconstruction de son personnage et d’une remise en question. Mais derrière la vanité et l’envie de revanche de Haruo se cache peut-être le point de vue des auteurs, en faisant de lui l’archétype de l’humanité qui est incapable de remettre en question ses erreurs en jouant avec la nature, dont Godzilla est le gardien. Ce dernier étant le bras armé de cette nature vengeresse. D’autant plus qu’après l’exode des humains, la nature a repris ses droits et son éco-système a évolué sous le règne de Godzilla et « ses sujets » qui s’y sont adaptés, dont probablement ceux de la scène post-générique. Les deux futures suites donneront tord ou raison à ces potentielles théories. En tout cas ce ressentiment reste tout de même difficile à digérer, même après coup.

En revanche, là ou Godzilla : La Planète des Monstres frappe fort est dans son parti pris artistique. Que ce soit au niveau du design visuel, proche de Knights of Sidonia, ou sonore c’est un quasi sans faute. L’image est dans un clair/obscur presque constant, dont certains plans ou séquences sont sensationnelles. L’exemple le plus fragrant étant celui du voyage en hyper-espace. Le mixage sonore est pleinement immersif, du plus insignifiant détail au célèbre cri de Godzilla, tout en passant par son souffle atomique encore plus dévastateur que jamais. La symbiose des deux atteints d’ailleurs son paroxysme dans son dernier quart d’heure du métrage, absolument jouissif et spectaculaire. Godzilla : La Planète des Monstres, comme la majeure partie des films d’introduction d’une trilogie, est difficile à juger séparément de son ensemble. Il ne sert simplement à poser que les fondations d’un univers beaucoup plus grand, que l’on pourra pleinement apprécier (ou non) dans sa globalité. Il reste tout de fois une forte identité artistique dont l’apothéose réside dans son final explosif.

RÉALISATION : Kobun Shizuno et Hiroyuki Seshita
AVEC : Mamoru Miyano, Kana Hanazawa, Yûki Kaji, Takahiro Sakurai, Junichi Suwabe, Tomokazu Sugita, Daisuke Ono…
ORIGINE : Japon
GENRE : Action, Animation, Fantastique, Science-fiction
DATE DE SORTIE : 17 janvier 2018 sur Netflix
DURÉE : 1h29
BANDE-ANNONCE

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