Headshot

RÉALISATION : Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto
AVEC : Iko Uwais, Julie Estelle, Sunny Pang, Very Tri Yulisman, Zack Lee, Ario Bayu…
ORIGINE : Indonésie
GENRE : Action, Arts martiaux
DATE DE SORTIE : 5 avril 2017 (VOD)
DURÉE : 1h57
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Un amnésique dont le mystérieux passé de machine à tuer revient à la charge alors qu’il doit combattre un baron de la drogue.

Raidploitation ?

Les cartons successifs (presses et publics) de The Raid et The Raid 2 de Gareth Evans avaient de quoi faire des envieux. Des concepts simples mais terriblement efficaces menés tambours battants grâce à des chorégraphies de combats impressionnantes et une mise en scène nerveuse et résolument moderne. Il n’en fallait pas plus pour voir le début de ces héritiers débarquer d’Indonésie. Le début d’une raidploitation ? Possible. En tout cas Headshot est le premier à franchir nos frontières avec en vedette, Iko Uwais, la révélation des trois films indonésiens de Gareth Evans. Derrière ce film, le tandem Kimo Stamboel et Timo Tjahjanto, surnommés les Mo Brothers (Killers, Macabre) qui tente de surfer sur le succès de ses aînés, malgré que ce soit rarement un gage de qualité. Malheureusement, Headshot confirme ce constat !

A la manière des deux The Raid, le pitch de départ de Headshot est très simple, un élément déclencheur qui va provoquer tout une série de séquences d’action jusqu’au «boss de fin», avec bien évidemment son lot de rebondissements. Une fois cette introduction passée, on attaque dans le vif du sujet. Mais dès les premières scènes d’actions, on constate rapidement que les Mo Brothers sont loin d’avoir le talent de Gareth Evans. Les scènes d’actions sont filmés très basiquement, sans réelle inspiration. Fort heureusement, le montage n’est pas clipesque, mettant à l’honneur des chorégraphies de combats bien maîtrisées. Mais pourtant, bien que les décors soient changeant, les différents environnements auraient pu être un prétexte à modifier les différentes techniques de combat, ce que les Mo Brothers n’ont pas eu l’idée de profiter. Hormis dans deux scènes, une dans un commissariat (rappelant une scène de Piège de Cristal de John McTiernan) et une sur la plage (rappelant certaines scènes de films de John Woo). Là ou Gareth Evans profitait de ces occasions pour relever le challenge, jusqu’à filmer des scènes de combats dans des espaces confinés (rappelez-vous la scène de l’ascenseur dans Merantau ou encore la scène de combat à cinq dans la voiture de The Raid 2). Pourquoi n’avoir pas profité de ces décors, par fainéantise ou manque de talent ? On pencherait plus pour la deuxième option. Pour palier à ce manque d’idée, les Mo Brothers ont recours à des scènes gores qui ont seulement pour but de choquer gratuitement. Certes les deux The Raid étaient également sanglant, mais ils ne tombaient jamais dans une vulgaire gratuité. Car elles faisaient parties intégrantes du processus chorégraphique des différentes séquences de combats tout en impliquant le spectateur. Les coups faisaient tout aussi mal aux spectateurs qu’aux personnages. Nous ressentions quasiment à chaque leurs douleurs, certes bien aidés par à un remarquable travail sonore et un montage précis, créant ainsi une réel empathie. Alors que la facilité de The Headshot, bien que par moment divertissante, nous laisse majoritairement passif. Fort heureusement, les comédiens sont impliqués, surtout Iko Uwais, relevant le niveau d’appréciation. Car ce n’est pas les quelques rebondissements qui relèvent le niveau du métrage, bien que potentiellement intéressants, celles-ci sont bien trop mal amenées pour faire l’effet d’un quelconque twist ou cliffhanger. Dommage !


Bien qu’Iko Uwais porte le film sur ses épaules, Headshot souffre de la comparaison avec les deux The Raid, car surfant sur la même vague. Une pale copie aussi vite vue, qu’oubliée.

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