Mimic

RÉALISATION : Guillermo Del Toro
AVEC : Mira Sorvino, Jeremy Northam, Giancarlo Giannini, Josh Brolin, Charles S. Dutton, Alix Koromzay, F. Murray Abraham…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Épouvante, Horreur, Fantastique
DATE DE SORTIE : 24 septembre 1997
DURÉE : 1h42
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Pour juguler une épidémie propagée par des insectes, le docteur Susan Tyler et son mari Peter Mann manipulent le code génétique des petites bêtes, créant ainsi une génération de clones qui détruit ses congénères. Trois ans plus tard, le remède a donné vie à une espèce mutante qui habite dans les sous-sols de la ville. Ces insectes ont maintenant la taille de l’homme et sont dotés d’un système de camouflage naturel, le mimetisme.

Cafarnaüm

Pour son second long-métrage, Guillaume Del Toro est propulsé à la tête du film de commande Mimic. Adapté de la nouvelle éponyme de Donald A. Wolheim, le cinéaste mexicain s’apprête à connaître sa première mauvaise expérience cinématographique. Parasité en long, en large, et surtout en travers par le studio Dimension Films, le cinéaste mexicain n’a pas pu imposer totalement sa vision, bien qu’il soit satisfait des trois quarts du métrage. Le final du métrage n’étant pas celui qu’il avait écrit, et le montage comprenant des images tournés par une seconde équipe, lui ont laissé un goût particulièrement amer. Une déception qui imprègne la pellicule et se transmet assez rapidement à notre simple expérience de spectateur. Néanmoins, on ne peut pas accuser le studio de tous les maux et certaines fautes de goût sont malheureusement à mettre au crédit de Guillaume Del Toro.

Pourtant tout commençait plutôt bien avec une plongée dans un sanatorium de fortune où la présence d’une épidémie dévastatrice, propagée par des cafards, installe une ambiance pré-apocalyptique des plus fataliste, car celle-ci touche exclusivement des enfants. On assiste ainsi à leurs tragiques derniers instants de vie, sous les yeux résignés de leurs parents et de leurs médecins complètement désarmés. Mais dans ce cauchemar ambiant naît, très rapidement, une lueur d’histoire au travers de la brillante entomologiste et généticienne : le Docteur Susan Tyler (Mira Sorvino) qui, bien décidé à combattre et éradiquer ces cafards porteurs de la maladie, créé les «Judas» (insectes génétiquement modifiés) pour les relâcher sous un New-York particulièrement pluvieux. Comme son nom et sa connotation biblique l’indique, les new-yorkais vont devoir tôt ou tard avoir le droit au revers de la médaille. Une installation pourtant captivante qui prend un bon tiers du film mais qui prend ensuite une direction bien plus consensuelle avant de devenir totalement caricaturale.

Bien que Guillermo Del Toro soit en terrain connu, et surtout, dans un domaine qu’il affectionne tout particulièrement (le film de monstre), Mimic souffre de paresse d’écriture pendant les deux-tiers restants. Les enjeux deviennent quasi inexistants et le film se transforme très vite en une vulgaire série B lambda. Pour combler le vide Del Toro et son co-scénariste Matthew Robbins ont recours à des faux suspenses et des rebondissement déjà éculés pour tenter vainement de garder notre attention. Pire, l’écriture est truffé d’incohérences dans une scène pourtant attrayante. Les protagonistes y subissent une attaque de monstres et se cachent dans un wagon de métro abandonné, et doivent dissimuler les odeurs sanguinolentes de leurs blessures par du jus de monstres, pour masquer leur présence. Alors que quelques secondes après certains personnages se mettent à fumer sans soucis, pour ensuite refaire attention à leur sécrétion de sueur… Les scénaristes ne s’embarrassent pas de l ‘écriture de leurs personnages outre mesure, car plusieurs d’entre eux sont vite relégués à de la simple chairs à canon. Le seul personnage dont notre attachement reste quasi intact, sur l’intégralité du métrage, est l’enfant autiste Chuy (Alexander Goodwin). En revanche pour palier à l’absence d’écriture des personnages, Guillermo Del Toro laisse libre court à son plaisir assumé d’anthropologue de monstres. Ainsi, le cinéaste décortique ses créatures mimétiques dans les moindres détails, allant du fonctionnement de leur société à leurs attitudes individuelles. Il va même jusqu’à s’attarder longuement sur leur mode de défécation. Les monstres deviennent ainsi très rapidement le seul vrai intérêt du film. Malgré d’affreux effets visuels numériques épisodiques, on se contente de quelques bonnes scènes horrifiques comme une maigre consolation. «Ils nous imitent, ils nous ressemblent, ils nous détestent», disait l’accroche française, nous, nous les oublierons bien vite.


Même si l’interférence du studio y est pour beaucoup, Guillermo Del Toro ne propose qu’un simple film de monstre de seconde zone, là où il y aurait eu la place pour avoir un successeur à Alien. Dommage…

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire