Pacific Rim

RÉALISATION : Guillermo Del Toro
AVEC : Charlie Hunnam, Idris Elba, Rinko Kikuchi, Charlie Day, Robert Kazinsky, Max Martini, Ron Perlman…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Action, Science-fiction
DATE DE SORTIE : 17 juillet 2013
DURÉE : 2h10
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Surgies des flots, des hordes de créatures monstrueuses venues d’ailleurs, les «Kaiju», ont déclenché une guerre qui a fait des millions de victimes et épuisé les ressources naturelles de l’humanité pendant des années. Pour les combattre, une arme d’un genre nouveau a été
mise au point : de gigantesques robots, les «Jaegers», contrôlés simultanément par deux pilotes qui communiquent par télépathie grâce à une passerelle neuronale baptisée le «courant». Mais même les Jaegers semblent impuissants face aux redoutables Kaiju.
Alors que la défaite paraît inéluctable, les forces armées qui protègent l’humanité n’ont d’autre choix que d’avoir recours à deux héros hors normes : un ancien pilote au bout du rouleau (Charlie Hunnam) et une jeune femme en cours d’entraînement (Rinko Kikuchi) qui font équipe pour manoeuvrer un Jaeger d’apparence obsolète. Ensemble, ils incarnent désormais le dernier rempart de l’humanité contre une apocalypse de plus en plus imminente…

Kaijus vs Mechas

Impulsé par le scénariste Travis Beacham, Guillermo Del Toro arrive à la tête de Pacific Rim suite au triste abandon de l’adaptation de la nouvelle Les Montagnes Hallucinées de Lovecraft. L’idée de départ du métrage venant du scénariste précité suite à une balade matinale sur la plage de Santa Monica où la vision d’un épais brouillard sur la digue lui a fait penser à «un monstre gigantesque qui sortait de l’eau pour aller affronter un robot géant qui l’attendait sur le rivage». Le cinéaste mexicain étant un grand fan de kaiju eiga s’est donc inspiré de ce genre exclusivement nippon, mais également de tout un pan de la japanimation, pour concevoir l’univers du métrage. Les mechas faisant référence à des œuvres cultes tel que GoldorakEvangelionEscaflowne ou encore Patlabor. De plus, comme son nom peut l’indiquer, Pacific Rim met à l’honneur l’Asie jusqu’à délocaliser, la plupart du temps, l’action du métrage dans la région est du continent.

Pour commencer, Pacific Rim bénéficie d’une introduction qui démarre sur les chapeaux de roues. Celle-ci résumant en une quinzaine de minutes l’arrivés spectaculaires des fameux kaijus et, par effet boule de neige, le lancement du programme jaegers et de ses fameux méchas. Avec ce choix clairement assumé, Del Toro se débarrasse de toutes fioritures et d’explications fortuites pour laisser place à l’action. De plus, avec cette ouverture immersive Guillermo Del Toro s’impose en taille patron. Il redéfini ainsi la notion de gigantisme, en nous faisant oublier des années de productions calamiteuses comme Godzilla de Roland Emmerich ou les Transformers de Michael Bay. Avec brio, le cinéaste mexicain remplace le sur-découpage épileptique des scènes d’actions de ces blockbusters lambda par une habile mise en scène et un montage fluide et dynamique. En plus d’offrir un réel confort de spectateur, cela permet de contempler la sublime direction artistique du métrage. Car dans ce spectacle à grande échelle chaque détail compte, de la beauté des décors filmé dans un sublime clair-obscur (Hong-Kong n’a rarement été aussi beau au cinéma, hormis chez Wong Kar-Wai) au design unique des kaijus. D’ailleurs le design de ses monstres géants s’inscrit dans la lignée du style présenté par le bestiaire du Labyrinthe de Pan, puis confirmé dans Hellboy 2, un vrai régal pour les pupilles.

Pour couronner le tout, le casting principal jouit d’une interprétation plutôt convaincante. Un pari qui n’était pas gagné d’avance. Car ces derniers ont dû improviser durant la majeure partie du tournage, Del Toro devant faire face à un planning beaucoup plus serré que d’habitude. Le tournage dura 103 jours, 7 jours sur 7 avec une seconde équipe très active, alors que le cinéaste a l’habitude de tourner ses films en 115 jours. Ce dernier a d’ailleurs travaillé jusqu’à 18 heures par jour. En revanche, Pacific Rim est loin d’être irréprochable dans son écriture. Bien que certaines séquences soit très forte émotionnellement, le flash-back de Mako (Rinko Kikuchi) étant très clairement la meilleure scène ou encore l’excellente trouvaille qu’est le mode de fonctionnement des Jaegers, on se serait bien passé de quelques scènes caricaturales ou de personnages clichés : les pilotes russes stéréotypés ou encore l’antagoniste forcé qu’est Chuck Hansen (Robert Kazinsky). Mais le pire concerne les tirades de Marshall Stacker Pentecost (Idris Elba), dans un style Président des États-Unis d’Independence Day, qui parasite le film dans un semblant de patriotisme totalement superflu. Fort heureusement, cette ombre au tableau ne vient pas ternir ce spectacle absolument jubilatoire.


Pacific Rim est un bel hommage à la culture nippone que représente le kaiju eiga et la japanimation en mode mécha. On en redemande !

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