Les Sorcières de Zugarramurdi

En plein jour, un groupe d’hommes braque un magasin d’or de la Puerta del Sol à Madrid. José, père divorcé en plein conflit avec son ex-femme, Tony, son complice, sex-symbol malgré lui, Manuel, chauffeur de taxi embarqué contre son gré dans l’aventure, et Sergio, le fils de José, partent en cavale. Objectif : atteindre la France en échappant à la police… Mais arrivé près de la frontière française, dans le village millénaire de Zugarramurdi, le groupe va faire la rencontre d’une famille de sorcières, bien décidées à user de leurs pouvoirs maléfiques pour se venger des hommes…

Álex de la Iglesia est certainement le réalisateur le plus barré du cinéma espagnol, et ce n’est pas son nouveau film, Les sorcières de Zugarramurdi, qui va changer la donne,  bien au contraire. Le réalisateur accompagné de son fidèle scénariste Jorge Guerricaechevarria vont se servir du contexte de sorcelleries qu’a connu le village de Zugarramurdi lors du Moyen Âge, réunion de sorcières + inquisition = bûcher. Trêve d’Histoire et revenons-en au film.

Après un générique particulièrement soigné et retraçant brièvement l’histoire des sorcières avec quelques touches d’humour glissé furtivement avec parcimonie (l’apparition de la tête de la chancelière allemande Angela Merkel), le film s’ouvre sur un braquage de banque où la démesure s’installe dès les premières minutes. Il suffit d’ailleurs de voir les costumes astucieusement empruntés par nos braqueurs du dimanche pour s’en rendre compte rapidement. Le goût pour l’exagération de l’auteur ne s’arrête pas là mais ne fait que monter crescendo au fur et à mesure du film et encore plus dès la rencontre avec les sorcières. Le réalisateur en profite même pour glisser de nombreuses références cinématographiques, un combat de sorcière à la Matrix, une séquence quasi identique à une scène des Goonies (je ne vous dit pas laquelle car elle vous sautera aux yeux quand vous verrez le film), et encore plein d’autres références par ci par là notamment empruntés dans les codes des films de vampires.

En plus de ces nombreux gags, le film est un vrai plaisir visuel mariant une photographie chaude à un décor craspec. On pourra relever quelques bémols visuels dans certains trucages maladroits (surement par faute de moyens) et un final expéditif,  mais dont on ne tiendra que très peu rigueur car ces détails se mélange bien avec la volonté d’absurde savamment dosé (pas comme un Machete Kills par exemple) et un humour léché au petit oignon naviguant sur un contexte d’opposition entre les sexes sans tomber dans les excès et ou finalement tout le monde en prend pour son grade. Bref, Álex de la Iglesia se lâche encore une fois avec ce film et y embarque un casting qui s’y donne à cœur joie dans un seul but : nous divertir ! Mission accomplie sans demi-mesure. Prenez une grosse dose d’humour noir, plusieurs pincées de référence filmiques et une dose d’horreur.  Mélanger pendant presque deux heures dans une bonne vieille marmite de sorcière et vous obtenez un cocktail joyeusement démesuré.

RÉALISATION : Álex de la Iglesia
AVEC : Hugo Silva, Mario Casas, Pepón Nieto, Carolina Bang, Terele Pavez, Jaime Ordóñez, Gabriel Delgado…
ORIGINE : Espagne, France
GENRE : Comédie horrifique
DATE DE SORTIE : 8 janvier 2014
DURÉE : 1h52
BANDE-ANNONCE

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