Spring

RÉALISATION : Justin Benson, Aaron Moorhead
AVEC : Lou Taylor Pucci, Nadia Hilker, Vanessa Bednar, Shane Brady, Francesco Carnelutti, Vinny Curran, Augie Duke…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Romance, Fantastique
DATE DE SORTIE : Inconnue
DURÉE : 1h49
BANDE-ANNONCE
SYNOPSISQuand sa mère, malade, meurt, Evan se rend compte que sa vie ne va nulle part. Saisissant son dernier chèque de paie, il décide de partir en voyage en Europe, chose qu’il a toujours voulue faire, mais il n’en avait jamais eu l’occasion. Il choisit une destination au hasard et se retrouve en Italie. Alors qu’il arrive dans une petite ville du sud du pays, il rencontre la charmante Louise. Une histoire commence à naître entre les deux, mais Louise abrite un sombre secret qui pourrait détruire le bonheur qu’ils commencent tout juste à construire.

Romance Lovecraftienne

Ce qu’il y a de bien avec le Festival Lyonnais des Hallucinations Collectives, c’est que l’on découvre des films qui ne nous auraient pas intéressés au premier abord et qui au final nous auraient fait passer à côté de quelque chose. Spring de Justin Benson et Aaron Moorhead fait partie de ces films. Dès l’introduction du film, le ton est donné : l’émotion sera le fil conducteur de cette romance fantastique.

On suit dès le départ le personnage d’Evan qui en l’espace de quelques minutes vient de tout perdre et décide de quitter les États-Unis pour l’Italie afin de s’évader et de se reconstruire. Une Italie qui sera sublimée par les réalisateurs grâce à des plans vertigineux réalisés au drone accompagné d’une photographie soignée, amplifiant l’aspect romantique du couple naissant tout en chargeant l’atmosphère de cette charmante ville côtière, Naples, et de son histoire tragique (Pompéi, etc…).

La force du film réside également dans son fort travail d’écriture pour combler « les lacunes » financières à la bonne production du film. Au premier abord, on pourrait fustiger le film de misogynie et de sexisme ordinaire mais en réalité il n’en est rien. Certains clichés véhiculés sont présentés rapidement dans le film (les hommes pensent ceci et les femmes pensent cela, personnages secondaires caricaturaux et stéréotypés) pour mieux les démonter ensuite en s’appuyant sur l’idée de mieux comprendre l’autre par le dialogue et la communication. Mais également sur le fait d’aimer l’autre pour ses différences et son identité propre, en passant au-delà de l’apparence pour mieux en briser les barrières. L’autre thème fort, habillement traité, est l’acceptation de la mort et d’en supprimer sa propre peur. Là où bon nombre de personnes la cherche dans la foi, le duo propose une autre alternative, celle de l’amour. C’est justement dans cet amour que les deux protagonistes surmontent leurs épreuves personnelles et en ressortent grandis pour mieux en triompher à deux. Une romance particulièrement crédible qui s’installe progressivement, au fur et à mesure de l’histoire, alors que les masques des deux personnages tombent, se livrant tour à tour émotionnellement l’un à l’autre. Le jeu des deux comédiens, totalement investis dans leurs rôles, renforce également la sincérité du propos.

Mais le travail d’écriture ne s’arrête pas à la romance, sa force vient également dans son cheminement afin d’apporter une base scientifique aux créatures fantastiques plutôt qu’une origine surnaturelle (survie, maladie, etc…). L’exemple du vampire étant d’ailleurs cité au détour d’un dialogue. Spring est donc une petite pépite indépendante qui pour le moment n’a, malheureusement, pas encore de sortie programmée en France, ce qui est fort dommageable. Il faudra donc attendre une potentielle sortie en DTV et/ou VOD, pour que le public puisse découvrir ce film qui mérite vraiment d’être visionné. Notamment par les fans de Lovecraft qui y verront de multiples références.


Spring est un film frais et original dans le genre de la romance fantastique avec en toile de fond une belle leçon sur l’acceptation de la différence. Un film bienvenu pour renouveler un genre qui en avait bien besoin après avoir été massacré par la saga Twilight.

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