Thor : Ragnarok

RÉALISATION : Taika Waititi
AVEC : Chris Hemsworth, Tom Hiddleston, Cate Blanchett, Jeff Goldblum, Tessa Thompson, Mark Ruffalo, Karl Urban…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Action, Science-fiction, Super-héros
DATE DE SORTIE : 25 octobre 2017
DURÉE : 2h11
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Privé de son puissant marteau, Thor est retenu prisonnier sur une lointaine planète aux confins de l’univers. Pour sauver Asgard, il va devoir lutter contre le temps afin d’empêcher l’impitoyable Hela d’accomplir le Ragnarök – la destruction de son monde et la fin de la civilisation asgardienne. Mais pour y parvenir, il va d’abord devoir mener un combat titanesque de gladiateurs contre celui qui était autrefois son allié au sein des Avengers : l’incroyable Hulk…

Le maillon faible

Thor est sans conteste, le personnage le plus contraignant à traiter pour les différentes équipes du MCU. Présent, jusqu’alors, dans quatre films de cet univers étendu (en mettant de côté la scène mid-générique de Doctor Strange), celui-ci n’a quasiment jamais connu le même traitement et a toujours été traversé par des changements de ton en évoluant à tâtons au fur et à mesure. Évolution mineure, puis majeure avec ce troisième opus de ses aventures en solo. Tout d’abord, dans ses premières aventures (plus mauvais film du MCU avec le second Iron Man), sous la houlette de Kenneth Branagh, le réalisateur britannique décide de traiter le dieu du tonnerre quasi intégralement au premier degré. Faisant du monde d’Asgard et de la famille de Thor, une sorte de théâtre Shakespearien allégé en dramaturgie, bien plus porté sur la science-fiction que la fantasy initiale du comics, afin de moderniser les aventures pour les rendre cohérente au sein d’un univers contemporain. Cet aspect dramatique sera le seul choix qui sera maintenu pour tous les autres métrages, car l’arrivée de Joss Whedon aux manettes du premier Avengers a amorcé le changement de ton du traitement de Thor. Bien que le temps d’une séquence, l’aspect Shakespearien soit gardé lors d’une confrontation avec son frère Loki, le créateur de Buffy a commencé à traiter le personnage avec dérision, dont le plan humoristique le plus «mémorable» est bien évidemment celui ou Hulk lui donne un coup de point qui éjecte l’asgardien hors champs. Surement un prémices à l’idée du fameux duel de gladiateur dans Thor : Ragnarok. Le passage de relais a lieu ensuite avec le réalisateur Alan Taylor (coupable de l’immonde Terminator Genisys), qui bien que gardant l’aspect Shakespearien, garde également le ton humoristique apporté par Joss Whedon sans le faire vraiment évoluer. Fort heureusement, il a compris les erreurs du premier film pour ne pas les réitérer dans Thor : Le Monde des Ténèbres. Même si on reproche à Malekith de manquer d’épaisseur. Joss Whedon reprend à nouveau le flambeau lors de Avengers : l’Ère d’Ultron, et décide de traiter le personnage en alternant l’humour et le sérieux, quasiment une séquence sur deux. L’alchimie fonctionne assez bien. Mais pour Thor : Ragnarok, la donne est totalement changé, la carte de l’humour est mis totalement en avant. La raison ? Les Gardiens de la Galaxie et sa suite sont passés par là, avec le succès qu’on connait tous. L’univers coloré et/ou l’humour amené par le talentueux James Gunn semble devenir la nouvelle direction visé par le «puppet master» Kevin Feige pour l’avenir du MCU. C’est d’ailleurs surement cette raison qui a permis au réalisateur néo-zélandais Taika Waititi d’être propulsé à la réalisation de Thor : Ragnarok, suite à son très drôle «mockumentaire» (faux documentaire ou documentaire parodique) Vampires en toute intimité. Choix très alléchant et nécessaire pour apporter la fraîcheur dont Thor a grandement besoin pour s’imposer.

Il est clair que le choix de Taika Waititi est payant. Tout du moins dans un sens, car à l’image de la nouvelle coupe de cheveux de Thor, cette troisième aventure a été totalement relookée et pensée pour apporter de la nouveauté à tous les niveaux. Image flashy et colorée, bande son rock et électro, humour mis au premier plan, etc… Le lifting fait du bien et donne au visuel général du métrage un vrai regard artistique qui manquait cruellement au MCU, hormis les Gardiens de la Galaxie bien évidement. C’est d’ailleurs, à raison, l’un des arguments principaux des détracteurs du MCU. Fort heureusement cette donne est en train de changer. Thor : Ragnarok le prouve dans plusieurs de ses séquences, que ce soit sur la planète Sakaar, mais surtout lors du flashbacks en slow-motion de l’assaut des valkyries sur Hela, très bien mis en scène par Taika Waititi. Mais au delà de ça, hormis les quelques scènes où Thor déchaîne sa puissance en introduction, ou face aux armées d’Hela, la mise en scène de Taika Waititi reste assez plate. Le rythme est relativement lent, pour un film de plus de deux heures, ce qui occasionne des ennuis épisodiques. Car il ne faut pas se leurrer Thor : Ragnarok ne raconte pas grand chose. Malgré la tentative de mixer les comics de Thor : Ragnarok et l’arc narratif de Planet Hulk pour tenter de combler le vide. Cela permet de ramener Hulk, parti à la fin de Avengers 2, dans la futur suite puisque les droits d’adaptation des comics Hulk n’appartiennent plus à Marvel Studio et il ne leur est donc pas possible de faire un film solo. Mais il y avait surement mieux a faire de ce côté là, car la confrontation entre Hulk et Thor, principal argument de communication du film, bien que sympathique, est bien trop brève et sage pour rester graver comme une scène culte. 

Même si Taika Waititi réutilise sa recette de Vampires en toute intimité pour la mélanger à celle de Thor, le résultat peine à convaincre. La dérision qui fonctionnait dans un faux documentaire pour parodier le vampirisme, ne se transpose pas facilement dans une fiction grand public classique. Là ou elle faisait mouche dans Vampires en toute intimité en venant se placer toujours au bon moment, accentuant un gag ou une situation comme un point d’exclamation, la méthode fonctionne rarement dans Thor : Ragnarok. Elles font pour la plupart du temps l’effet inverse, cassant le rythme ou tombant tout simplement à plat, au contraire des films précédents avec les scènes d’auto-dérisions, celles concernant les erreurs du MCU (coucou le gant de l’infini dans le premier Thor), la réutilisation des gags des précédentes aventures, ou les mésaventures des personnages. En revanche, l’arrivée de Taika Waititi n’a pas permis de révolutionner le background de ses antagonistes, ou tout du moins d’aller jusqu’au bout de leurs intentions. Le personnage d’Hela (Cate Blanchett) a pourtant le potentiel d’être une grande antagoniste en plus de mettre en lumières les décisions néfastes néfastes d’un personnage et des conséquences que cela créent. Au lieu de creuser cet aspect, Taika Waititi et son équipe de scénaristes ne font que, pour reprendre une réplique du film, les montrer pour mieux les cacher sous le tapis. Malgré ces manquements, un personnage arrive toutefois à se démarquer de part son écriture. Il s’agit de Scrapper 142 alias Valkyrie (Tessa Thompson) dont le background vient étoffer le manque de profondeur des personnages présentés à l’écran et en devient ainsi le personnage le plus intéressant du métrage. Forte et intelligente, elle est le moteur qui fait avancer «l’intrigue», en plus d’évoluer personnellement. Ce qui fait d’elle le principal atout de ce Thor : Ragnarok, conclusion d’une trilogie qui restera malheureusement comme le maillon faible des trois premières phases du MCU.


Malgré son sérieux relooking Thor : Ragnarok ne permet pas au dieu du tonnerre de finir sa trilogie dans une miraculeuse apothéose. Malgré toutes les évolutions que le MCU a envisagé pour lui, jamais il n’aura réussi à convaincre. Il reste de lui qu’un vulgaire sidekick un peu balourd, qui épisodiquement fera rire la galerie entre deux séquences d’actions.

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