Tomb Raider

Lara Croft, 21 ans, n’a ni projet, ni ambition : fille d’un explorateur excentrique porté disparu depuis sept ans, cette jeune femme rebelle et indépendante refuse de reprendre l’empire de son père. Convaincue qu’il n’est pas mort, elle met le cap sur la destination où son père a été vu pour la dernière fois : la tombe légendaire d’une île mythique au large du Japon. Mais le voyage se révèle des plus périlleux et il lui faudra affronter d’innombrables ennemis et repousser ses propres limites pour devenir « Tomb Raider »…

Tomb Raider est l’une des franchises vidéoludiques les plus connues au monde. Son succès est tel que tout le monde ou presque, a entendu parler de son icône et héroïne Lara Croft. Rien d’étonnant que dès 1998, les studios américains ont jetés leur dévolu sur la saga. Tout d’abord adapté sous la forme d’une dilogie avec Angelina Jolie, dans le rôle de l’aventurière, Lara Croft : Tomb Raider et Lara Croft : Tomb Raider – Le Berceau de la Vie font très logiquement partis des pires films adaptés de jeux-vidéos. Bien que le premier film fût une réussite commerciale pour les studios, sa suite a enterrée la licence dans les tombeaux d’Hollywood pour plus d’une décennie par son échec public et critique. A l’instar de son pendant vidéoludique de 2013, Tomb Raider renaît maintenant de ses cendres sous les traits de la comédienne Alicia Vikander (Ex Machina), devant la caméra de Roar Uthaug (Cold Prey).

Très librement inspirée du reboot du studio Crystal Dynamics, Tomb Raider narre la naissance de Lara Croft, ou plutôt la première aventure qui a fait de ce personnage l’archéologue que l’on connait aujourd’hui. Dès son introduction, le cinéaste norvégien prend une direction bien différente du jeu vidéo de 2013, en ne gardant seulement que quelques références. Les principales étant certains décors et situations, ainsi que des armes (le piolet et l’arc). Dans un premier tiers totalement inventé, le personnage de Lara Croft est introduit avec certaines de ses nombreuses aptitudes physiques, qu’elle gagnait au fur et à mesure du jeu. Par ce choix, propice à des raccourcis scénaristiques, Roar Uthaug supprime ainsi tout l’intérêt qui faisait du reboot vidéoludique une pièce maîtresse de la mythologie du personnage. C’est en plus loin d’être la seule entorse au jeu vidéo, la pire étant peut être l’intrigue qui amènent les protagonistes sur la fameuse île, issue du jeu vidéo. Mais la plus grosse entorse est celle de la présence inattendue d’un personnage, et c’est à partir de cet instant que le film creuse petit à petit sa propre tombe. Dommage, car bien que l’introduction propose une direction différente du matériaux de base, celle-ci était loin d’être inintéressante dans la construction de son personnage. Dès lors, on assiste à un spectacle calibré où les dialogues et même l’aventure sont minimisés à l’extrême, au profit de scènes d’actions bien trop rarement efficaces. Malheureusement, les mauvais choix ne s’arrêtent pas là. L’impact de la richesse vidéoludique du royaume perdu de Yamatai et de sa reine solaire Himiko a été fortement diminué, on passe ainsi d’une origine surnaturelle à une approche beaucoup plus rationnel et dans l’air du temps. Par cette direction inattendue, Tomb Raider prend le contre-pied total de sa principale référence, autre que le jeu et sa suite Rise of the Tomb Raider (les Trinitaires étant déjà présent), qui n’est autre que : Indiana Jones et la Dernière Croisade. Deux séquences sont d’ailleurs des clins-d’œils évidents au film de Steven Spielberg via quelques répliques référentiels. 

Hormis quelques rares situations dûes à la dangerosité de l’île, il est très difficile de ressentir une vraie résistance face à Lara Croft, a contrario total du jeu. La faute à un antagoniste totalement désincarné, Mathias Vogel, interprété par un Walton Goggins en roue libre qui ne laisse transparaître aucune menace crédible. Du naufrage, seule Alicia Vikander sort la tête de l’eau en portant le film constamment sur ses épaules. Par une implication forte et des prouesses physiques de haute volée, Alicia Vikander est très clairement la Tomb Raider qu’il fallait ! Dommage que le reste ne soit pas à la hauteur. Loin d’être aussi mauvais que la dilogie des années 2000, Tomb Raider est une fois de plus une mauvaise adaptation et une oeuvre médiocre. 

RÉALISATION : Roar Uthaug
AVEC : Alicia Vikander, Dominic West, Walton Goggins, Daniel Wu, Kristin Scott Thomas, Hannah John-Kamen, Derek Jacobi, Josef Altin…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Aventure, Action
DATE DE SORTIE : 14 mars 2018
DURÉE : 1h58
BANDE-ANNONCE

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