10ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 1

La 10ème édition des Hallucinations Collectives est officiellement lancée ce mardi 11 avril 2017, après avoir démarré avec quelques événements hors les murs. Au programme de ce off, il y avait eu pour commencer une carte blanche, d’une heure environ, au festival Ciné Court Animé de Roanne, à l’école Émile Cohl dans le 3ème arrondissement de Lyon. Une séance de courts-métrages lyonnais accompagnée des vidéos concours pour le teaser des 10 ans du festival à la Taverne Gutenberg, toujours dans le 3ème arrondissement de Lyon. On pouvait également assister au tirage des affiches à l’atelier de sérigraphie de la librairie Expérience dans le 7ème arrondissement de Lyon. Et pour finir ce off, le ciné-concert du film Point ne tueras de Maurice Elvey avec le groupe de jazz à distorsion du quatuor lyonnais Chromb! au cinéma Le Zola de Villeurbanne. A noter, qu’un autre hors les murs et programmé au Périscope (dans le 2ème arrondissement), il s’agit d’un concert, nommé Hallucinations Auditivesavec les groupes Joe la Noise et Ta Gueule, le samedi 15 avril.

Après un discours d’ouverture de Cyril Despontin pour lancer le festival en bonne et due forme, c’est le vainqueur de la compétition court-métrage du PIFFF, Curve de Tim Egan, qui fait office d’amuse-bouche avant le premier long-métrage du festival. Un court-métrage expérimental, très bien réalisé et interprété, sur une femme qui se réveille piégée au sommet d’une surface lisse et courbe surplombant un sombre abîme, sur lequel elle doit trouver un moyen de survivre sans glisser.

Pour cette séance d’ouverture du festival, au Comoedia, l’équipe de ZoneBis a misé sur le film buzz du moment au États-Unis, Get Out de Jordan Peele. Le film raconte l’histoire de Chris et sa petite amie Rose qui s’apprêtent à rendre visite aux parents de celle-ci. Bien qu’elle lui assure que cela n’a aucune espèce d’importance, le jeune homme s’inquiète du fait qu’elle n’ait pas mentionné sa couleur de peau. Premier film de genre s’inscrivant sous le gouvernement Trump, on pouvait s’attendre à un film très politisé, essentiellement contre le racisme latent qui à malheureusement la vie dure au 21ème siècle. Bien que Get Out fasse référence à la fin des deux mandas de Barack Obama, laissant sous entendre l’accession de Donald Trump (même s’il n’est jamais mentionné), on est très loin d’un brûlot politique à la sauce horrifique. Au contraire, le racisme est ici un moteur scénaristique pour aller sur un autre chemin, plutôt inattendu et bienvenu. Certes, on prend plaisir à voir Jordan Peele tordre le coup aux préjugés et aux clichés sur les personnes de couleurs, notamment sur leurs présumés dons athlétiques, mais aussi sur l’histoire esclavagiste américaine. D’autant que le réalisateur traite ce sujet avec un humour bien venu et maîtrisé, profitant ainsi de son expérience et de sa carrière d’humoriste pour utiliser régulièrement le second degré et, ainsi, faire mouche. On est ici clairement dans le bon registre pour se moquer du racisme dignement, et donc bien loin des comédies potaches et racistes françaises qui attirent malheureusement les foules dans les salles obscures… En plus de cela, la mise en scène de Jordan Peele est relativement élégante, notamment dans les séquences hypnotiques qui sont particulièrement inventives. Get Out n’est certes pas un film qui restera gravé dans l’histoire du cinéma. Mais il est suffisamment divertissant et rafraîchissant, surtout dans le contexte politique actuel, pour faire son petit effet sur le public, d’où les applaudissements en fin de séance. Un choix idéal pour ouvrir cette dixième édition du festival de façon légère et agréable.

Rendez-vous demain pour entrez dans le vif du sujet du festival, à savoir le début de la compétition long-métrage, avec le film de SF de Mateo Gil, Realive. Mais aussi l’ouverture de la boîte de pandore du festival, la fameuse thématique Chambre des Merveilles qui porte déjà bien son nom avec, notamment, le sublime Marteau des Sorcières.

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