10ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 3

Troisième jour du festival avec au programme un film en projection presse, Message from the King de Fabrice Du Welz, et trois films rétrospectives dont deux dans le cadre de la thématique Chambre des Merveilles et une séance spéciale Film d’amour non-simulé : Réincarnations de Gary ShermanLe Labyrinthe des Rêves de Sogo Ishii et Corruption de Roger Watkins.

On commence avec la projection presse, d’un des films de la compétition les plus attendus, Message from the King de Fabrice Du Welz. avec un pitch simple mais qui promet beaucoup au vue de sa bande-annonce et du parcours du réalisateur (Calvaire, Vinyan, Alléluia). En provenance de Cape Town, Jacob King débarque à Los Angeles à la recherche de sa sœur disparue. Au bout de 24 heures, il découvre que celle-ci est morte dans des circonstances étranges… Message from the King met en vedette l’acteur derrière le masque du Black Panther du MCU, Chadwick Boseman. A l’image de son intervention dans Captain America : Civil War, crève à nouveau l’écran par son charisme et son interprétation impeccable. Mais le reste du casting, qui lui aussi est de qualité, n’a pas à rougir : Luke Evans, Teresa Palmer, Alfred Molina, etc… De plus, la photographie est superbe, notamment grâce à un tournage en pellicule. Tournage rétro qui colle d’ailleurs superbement au concept d’un film de vengeance à l’ancienne. En revanche, même si on reconnait par moment la patte de Fabrice Du Welz, le résultat est malheureusement trop simpliste pour réellement nous emporter. On à la sensation que Du Welz fait son film avec un pied sur le frein, probablement dû à la production, car il manque son grain de folie habituel pour faire décoller ce film de revanche qui reste malheureusement un peu trop sage. Dommage !

Retour à la Chambre des Merveilles avec une série B sorti tout droit du début des années 80, Réincarnations de Gary Sherman. Le synopsis : Le quotidien tranquille du shérif de la morne petite ville côtière de Potters Bluff est chamboulé par une série de décès sacrément suspects. Par chance, Dobbs, le croque-mort local, est à la hauteur de la tâche. Bien que la scène d’introduction soit assez improbable avec une situation et des dialogues proche d’un mauvais porno, on bascule très rapidement dans une intrigue policière qui bascule à l’atmosphère fantastique horrifique. Réincarnations, bien qu’il utilise le thème du mort-vivant, fait preuve d’originalité dans son écriture grâce notamment au duo de scénaristes d’AlienRonald Shusett et accessoirement Dan O’Bannon (qui fait plus office de prête nom dans ce cas précis). Ici pas de cadavre ambulant avide de chair fraîche, mais plutôt un univers à mi-chemin entre Réanimator et L’Invasion des Profanateurs de Sépultures. Bien que Réincarnations soit terriblement fun et drôle, involontairement ou non vu les bouleversements à la production, le métrage de Gary Sherman réserve son lot de surprises, que ce soit dans ses rebondissements scénaristiques jusqu’à sa conclusion mais également dans les effets spéciaux qui n’ont pas pris une ride. Une curiosité qui vaut le détour.

Deuxième film de la journée dans la thématique de la Chambre des Merveilles, place maintenant à une ambiance totalement opposée avec Le Labyrinthe des Rêves de Sogo Ishii. Le Labyrinthe des Rêves raconte l’histoire de Tomiko, receveuse de bus, qui est désignée pour travailler avec Niitaka, ex-fiancé de son amie Tsukayo récemment décédée. Niitaka est-il seulement un très beau chauffeur, ou bien aussi un retors tueur de jeunes filles ? Difficile après un film, comme celui-ci, d’avoir un avis définitif après une seule vision, tant son ambiance étrange et onirique pèse sur les 90 minutes de métrage. Le réalisateur nippon propose une mise en scène extrêmement lente et ou la musique expérimentale nous plonge dans un autre monde où l’on perd tous nos repères. Avec ce processus narratif, Sogo Ishii nous met dans la peau de son personnage personnage principal, Tomiko, qui bien qu’elle se fixe des limites pour ne pas tomber dans le piège du beau Niitaka, aura autant de mal que nous pour rester dans sa propre zone de confort. Déstabilisant !

C’est l’heure de la fameuse séance interdite aux moins de 18 ans, avec la séance spéciale Film d’amour non-simuléCorruption de Roger Watkins dont voici le synopsis : William fait du business. Lorsqu’un partenaire menaçant le somme d’honorer ses engagements, il est contraint de plonger dans un univers souterrain, charnel et dangereusement corrupteur. S’il y a une qualité indéniable à retirer de Corruption s’est incontestablement sa photographie qui est sublime, grâce au travail exceptionnel de Larry Revene, qui joue sa lumière avec les corps et les décors. On remarquera une tentative d’avoir un scénario un peu plus abouti qu’à l’accoutumé, notamment dans le traitement des personnages principaux, bien que les scènes de sexes non-simulés soient amenés trop souvent de façon improbable et souvent drôle. On notera également quelques bonnes idées de mises en scènes et une très bonne BO.

Rendez-vous demain pour la quatrième journée du festival, avec en apothéose de cette journée la soirée anniversaire des 10 ans du festival.

 

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