10ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 5

Cinquième journée du festival avec au programme la compétition de courts-métrages, un film dans la compétition longs-métrages : The Unseen de Geoff Redknap, et deux films rétrospectives : Hitcher de Robert Harmon et Opéra de Dario Argento.

On commence cette journée par la compétition courts-métrages, avec au programme sept films : Fish Story de Charlie Lyne, Margaux de Joséphine Hopkins, Rémy Barbe et Joseph BouquinCan’t Take My Eyes Off You de Johannes Kizler et Nik Sentenza, The Absence of Eddy Table de Rune Spaans, The Sunken Convent de Michael Panduro, Le Plombier de Xavier Seron et Méryl Fortunat-Rossi, The Disapperance of Willie Bingham de Matthew Richards. Cette année la compétition offre pour la première fois, une qualité de films plus homogène qu’à l’accoutumée. De ce fait le choix a été plus difficile bien que meilleur était le dernier film de la sélection : The Disapperance of Willie Bingham de Matthew Richards. Une oeuvre, qui en plus de son excellente mise-en-scène, propose un vrai sujet de société dont le film raconte l’histoire de Willie Bingham qui est le premier condamné à expérimenter un nouveau programme carcéral, des amputations progressives comme peine capitale. Une critique à charge de la justice et de notre humanité qui révèle sa part de monstruosité. Glaçant !

Retour à la compétition longs-métrages avec The Unseen de Geoff Redknap. Le synopsis : Persuadé qu’il devient invisible, un homme solitaire décide de retrouver sa fille, disparue sans laisser de trace. Parviendra-t-il à résoudre le mystère en dépit de son état physique instable ? Pour son premier long-métrage, Geoff Redknap choisi de traiter du sujet rarissime qu’est l’invisibilité. Fort de son expérience dans le monde des effets spéciaux, c’est bien évident sur ce point que The Unseen frappe un grand coup. Les prothèses et les effets visuels sont très réussi et favorise l’immersion et la crédibilité du métrage. En revanche, bien que l’approche intimiste du scénario et de la mise en scène soit louable et attachante, c’est sur la narration que se font les principaux reproche. Plutôt que de se focaliser sur l’originalité de son approche du sujet de l’invisibilité, celle-ci étant une maladie qui ronge progressivement son hôte, et sur la relation familiale, Geoff Redknap s’enlise dans une narration trop confuse, voulant insérer des sous-intrigues inutiles qui alourdissent le film inutilement, au risque de créer de la confusion chez les spectateurs-trices. Erreur de jeunesse, qui on espère, ne gênerons pas la suite de sa carrière.

Place maintenant à un classique de vidéo-club, dans la thématique La Chambre des MerveillesHitcher de Robert Harmon. On rappelle l’histoire : Par une nuit pluvieuse, le jeune Jim traverse le désert californien en voiture. Il accepte de prendre un auto-stoppeur, qui se révèle rapidement menaçant… Attachez votre ceinture : le jeu mortel du chat et de la souris peut commencer. Après avoir revu ce film le constat est clair, malgré ses 30 ans d’existences, Hitcher n’a pas pris une ride et propose encore aujourd’hui une vraie leçon de cinéma. Une tension quasi constante du début à la fin, où l’on ressort épuisé de la séance. D’une part, par la mise en scène simple mais d’une efficacité redoutable, des plans qui imprègnent la rétine, la chaleur étouffante du territoire sud-américain qui fait transpire sur la pellicule et qui ajoute de l’étouffement supplémentaire à l’intrigue oppressante et suffocante. Mais surtout la présence de Rutger Hauer au charisme terriblement effrayant et quasi surnaturel. Indispensable dans un parcours de cinéphile !

Pour le dernier film de la journée, c’est une sorte de carte blanche à l’excellent éditeur qu’est Le Chat qui Fume. Éditeur habitué du festival, la qualité de leur travail n’est plus à prouver, ce n’est pas le film de ce soir qui nous dira le contraire, Opéra de Dario Argento. Quel bonheur de redécouvrir ce film dans un remastering de toute beauté et qui lui fait honneur, que ce soit visuel que sonore. Pour ceux qui ne le savent pas, Opéra raconte l’histoire d’une jeune chanteuse d’opéra débutante qui remplace au pied levé la diva du MacBeth de Monteverdi, victime d’un accident. Cette opportunité prend des allures de malédiction lorsque autour d’elle les cadavres commencent à s’accumuler… Opéra est probablement l’un des derniers meilleurs films du maître, avec Le Syndrôme de Stendhal. Mise en scène inventive (la balle dans l’œilleton) et opératique (les nombreux grands mouvements de caméra), intrigue bien ficelée, une violence bien plus crue et beaucoup plus pervers que d’habitude, seul bémol une interprétation des comédiens pas toujours au niveau. Opéra est encore aujourd’hui une source d’inspirations et de vénérations pour les aficionados, à raison.

Rendez-vous demain pour l’avant-dernier jour du festival avec cinq films au programme, dont deux films en compétitions : Love Hunters de Ben Young et The Jane Doe Identity de André Øvredal.

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