10ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 7

Dernier jour du festival avec au programme quatre films : Soy Cuba de Mikhail Kalatozov, Prevenge de Alice LoweMarketa Lazarová de František Vláčil et Tunnel de Kim Seong-Hun.

Pour le premier film de cette journée, c’est un film de la thématique DocumentaireSoy Cuba de Mikhail Kalatozov. Betty, Pedro, Enrique, Mariano. Quatre histoires distinctes, quatre destins à travers lesquels c’est l’histoire de Cuba qui nous est contée, du régime de Batista jusqu’à la révolution castriste. Bien qu’étant un film de fiction, il n’est pas étonnant de voir Soy Cuba être intégré à la thématique Documentaire. Car plus de deux heures durant, Mikhail Kalatozov réalise le reflet de la vie cubaine de l’époque, notamment par sa galerie de portraits. Mais ce qui surprend le plus dans Soy Cuba c’est bien évidemment sa mise en scène aérienne et intimiste particulièrement audacieuse et immersive. Bien qu’étant un film de propagande, Soy Cuba est une oeuvre intense où l’on partage les épreuves du peuple cubain à travers leur histoire la plus douloureuse.

C’est l’heure du dernier film de la compétition longs-métrages avec Prevenge de Alice Lowe. L’histoire d’une femme enceinte qui suit les conseils avisés de son fœtus et décide de se livrer à l’auto-justice et se débarrasse de tous ceux qui se mettent en travers de son chemin. Vous connaissez l’expression : «Garder le meilleur pour la fin» ? Et bien cette expression se vérifie cette année avec la compétition longs-métrages. Prevenge étant, pour Weird Movies, le meilleur film de la compétition. Bien qu’étant réalisé très sobrement et simplement, la force de Prevenge est dans son ton. La scénariste, réalisatrice et actrice Alice Lowe propose une comédie noire totalement jouissive avec une teinte horrifique à la sauce british.

On referme la boîte de Pandore de La Chambre des Merveilles avec Marketa Lazarová de František Vláčil. A l’aube d’une ère nouvelle où le paganisme laisse peu à peu place à la chrétienté, deux clans rivaux s’affrontent. Marketa, fille de chef, s’apprête à entrer au couvent lorsqu’elle est kidnappée par les ennemis de son père… Difficile de parle d’un film comme Marketa Lazarová tellement sa narration est aux antipodes ce que propose le cinéma habituellement. Celui-ci rebute ou emporte, difficile d’y voir un entre deux, d’autant que sa durée de 2h40 peut faire preuve et peut vite se retrouver éreintant. La preuve une partie de l’assistance est sortie avant la fin de la séance. Il faut donc une grande persévérance et une vraie confiance en le cinéma pour aller jusqu’au bout. Car bien que les enjeux soient extrêmement simple, un conflit entre deux clans, František Vláčil propose une mise en scène différente de la majeure partie des films de ce genre. Bien loin des codes traditionnelles où l’ont mises majoritairement sur l’épique et l’action, František Vláčil adopte une mise en scène lyrique et onirique, où le travail de l’image et de la composition des plans est privilégié. A raison, tellement la beauté des images resteront gravés dans notre esprit, telle une énième hallucinante projection dans la plus pure tradition du festival.

Avant de terminer cette 9ème édition du festival, l’heure est venue d’annoncer les grands gagnant du festival. Quatre prix au total, deux pour chaque compétitions, courts-métrages et longs-métrages. Sans plus tarder voici les quatre gagnants de la compétition :

  • Message from the King de Fabrice Du Welz, grand prix de la compétition longs-métrages.
  • The Jane Doe Identity de André Øvredal, prix du jury presse de la compétition longs-métrages.
  • The Disappearance of Willie Bingham de Matthew Richards, grand prix de la compétition courts-métrages.
  • The Absence of Eddy Table de Rune Spaans, prix du jury lycéen de la compétition courts-métrages.

Il est malheureusement temps de clôturer le festival avec Tunnel de Kim Seong-Hun, précédé d’une projection du grand prix de la compétition courts-métrages The Disappearance of Willie Bingham de Matthew Richards, dont vous pouvez retrouver notre avis ici. L’histoire de Tunnel est celle d’un homme qui est enseveli sous un tunnel effondré. Tandis que les commentaires des médias, des politiques et des citoyens vont bon train, il joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Bien qu’étant inscrit dans une thématique de film catastrophe, Kim Seong-Hun se sert de son film comme d’un prétexte pour faire une large critique de la Corée du Sud : individualisme, critiques des médias, récupérations politiques, les intérêts privés avant l’humain, etc… Tunnel est loin de faire dans la dentelle. Au delà de l’aspect du fond qui transcende le film, Tunnel propose des grands moments de mise en scène, que ce soit la séquence d’éboulement ou lors des séquences dans des lieux étroits qui rendraient malade n’importe quel claustrophobe. Kim Seong-Hun fait également preuve d’une richesse d’écriture dans des dialogues types de comique situation qui sont radicalement efficace. Tunnel était le choix idéal pour clôturer le festival en bonne et due forme.

Maintenant il faut revenir à la réalité, la 10ème édition du festival est maintenant terminée. On remercie grandement le festival pour ce grand moment de cinéma aux multiples émotions. Et surtout on les félicite pour leur énorme succès et la belle hausse de fréquentation (33% avec 5300 entrées) pour cette édition anniversaire qui à fortement mérité son tonnerre d’applaudissements lors de la clôture. Bref, restez hallucinés !

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