11ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 1

Voilà on y est. Après un off qui a redéfini le mot sensoriel avec un ciné-concert du plus bel effet, les portes de la 11ème édition du festival Hallucinations Collectives sont officiellement ouvertes ! Après les traditionnels mots du directeur du festival, Cyril Despontin, et la diffusion du teaser thématique concocté par l’association lyonnaise ALZ Films qui accompagne chacune des séances, les festivités peuvent commencer. Au fur et à mesure, le festival de l’autre cinéma lyonnais est un rock’n’roller coaster hallucinatoire et émotionnel. Pourtant, rien ne nous avait préparé à un tel ascenseur pour cette soirée d’ouverture. Car avant de laisser place au métrage coup de poing et premier film de la compétition longs-métrages, l’équipe du festival nous a mis en bouche avec le dernier né de la réalisatrice Lucile Hadzihalilovic, le court-métrage De Natura. Fidèle à son univers empreint d’onirisme, on y suit la journée estivale de deux petites filles convoquant tour à tour les quatre éléments dans une sobriété bucolique, qui évoque à la fois béatitude et sérénité. Une petite bouffée d’air frais avant le très suffoquant Une Prière Avant l’Aube de Jean-Stéphane Sauvaire.

TITRE : Une Prière Avant l’Aube
RÉALISATION
: Jean-Stéphane Sauvaire

AVEC : Joe Cole, Vithaya Pansringarm, Panya Yimmumphai, Chaloemporn Sawatsuk, Sakda Niamhom, Pornchanok Mabklang, Somluck Kamsing…
ORIGINE : France, Royaume-Uni
GENRE : Action, Thriller
DATE DE SORTIE : 20 juin 2018
DURÉE : 1h56
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : L’histoire vraie de Billy Moore, jeune boxeur anglais incarcéré dans une prison en Thaïlande pour détention de drogue. Dans cet enfer, il est rapidement confronté à la violence des gangs et n’a plus que deux choix : mourir ou survivre. Lorsque l’administration pénitentiaire l’autorise à participer à des tournois de Muay-Thai, Billy donne tout ce qui lui reste.

Qu’ils sont rares ces films dont les premières images indiquent tout de suite son ambiance. Une Prière Avant l’Aube fait incontestablement parti de ceux là. L’immersion est entière et intense. Car dès les premières minutes, Jean-Stéphane Sauvaire annonce la couleur en nous malmenant autant que son personnage principal, dans une atmosphère totalement éprouvante. Très rapidement, on est bousculé, frappé et éjecté de notre zone en confort. A l’instar de Billy Moore, on est acculé dans les cordes. Pris au piège dans un univers que l’on ne connait pas, en manque absolu de repère. C’est seulement avec de très longues minutes que l’on prends enfin nos marques… La barrière de la langue, supposée insurmontable, devenant ainsi caduque face aux nombreuses menaces que réserve cet univers carcéral. L’agression étant à la fois visuel et sonore, ce long cauchemar éveillé ferait passer Midnight Express pour une simple colonie de vacance. Dans une pure démarche réaliste, et avec une authenticité rare, le cinéaste suit son comédien principal (l’impressionnant Joe Cole) au corps à corps, supprimant ainsi son propre espace vital. De cette manière, nous encaissons au fur à mesure du récit chacun de ses coups, autant physiques que psychologiques. L’histoire vraie de Billy Moore devenant ainsi pendant deux heures : la « notre ». Et c’est tant bien que mal, que l’on cherche désespérément le moyen de récupérer notre second souffle pour se dégager un temps soit peu de cette prison suffocante. Malheureusement, ce n’est que dans de brefs moments que l’on se délecte de ses rares bouffées d’oxygène. De courts instants de répits, qui dans une illusion de réconfort, nous font baisser la garde, laissant à notre assaillant tout le loisir de placer un nouvel uppercut. C’est donc usé et le souffle coupé, mais avec un déterminisme acharné qu’on rend à ce premier challenger coup pour coup afin de ressortir de ce premier combat, certes groggy, mais encore loin d’être chaos. A demain pour le prochain round.

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