11ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 2

Première journée quasi pleine du festival (les gros morceaux étant à venir samedi et dimanche) avec quatre films au programme. On ouvre ainsi cette deuxième journée du festival avec la thématique centrale de cette 11ème édition, Sabbat Matter et son hypnotique The Lords of Salem de Rob Zombie. C’est ensuite À Travers le Miroir, que l’on continue les rétrospectives avec le surréaliste film tchécoslovaque, Un Cas pour un Bourreau Débutant de Pavel Jurácek. Puis, le retour à la compétition avec le mystérieux Radius du tandem Caroline Labrèche et Steeve Léonard. Et pour terminer cette journée, on conclut avec l’explicite Scoundrels de Cecil Howard.

TITRE : The Lords of Salem
RÉALISATION
: Rob Zombie

AVEC : Sheri Moon Zombie, Bruce Davison, Jeffrey Daniel Phillips, Ken Foree, Dee Wallace, Patricia Quinn, Maria Conchita Alonso…
ORIGINE : États-Unis, Royaume-Uni, Canada
GENRE : Épouvante, Horreur
DATE DE SORTIE : 9 octobre 2013 en DTV
DURÉE : 1h41
BANDE-ANNONCE
SYNOPSISHeidi Hawthorne, animatrice de radio dans la ville de Salem, se voit remettre un étrange vinyle aux sonorités inquiétantes, dont la diffusion sur les ondes semble produire un effet particulier sur les femmes. Tandis qu’Heidi voit les frontières de la réalité s’effriter, et que l’irréel semble faire irruption dans son quotidien, un concert mystérieux se prépare entre les murs de la ville rendue célèbre pour avoir sacrifié moultes jeunes innocentes, et mis à mort de redoutables sorcières…

C’est donc avec le septième film du métalleux Rob Zombie, qu’on démarre sous les plus hallucinantes auspices. Avec The Lords of Salem, c’est l’occasion pour son auteur de revisiter le mythe des sorcières de Salem à sa façon. Une vision qui jouit d’une approche esthétique et graphique irréprochable, le soin étant apporté dans les moindres détails. D’une part les décors sont somptueux, l’appartement d’Heidi Hawthorne (Sheri Moon Zombienous envoie du rêve, grâce au fabuleux travail de Lauri Mazuer. La photographie granuleuse est bien plus soignée que dans les œuvres précédentes du cinéaste, malgré quelques plans flous, bien que le directeur photo Brandon Trost avait déjà officié sur le raté Halloween 2. Très logiquement, vu l’expérience musicale de Rob Zombie, le travail sonore est lui aussi particulièrement minutieux. Le redécouvrir en salle, permet justement d’en profiter pleinement. En revanche, c’est malheureusement sur l’écriture que l’artiste pêche toujours autant depuis son premier Halloween, bien qu’il avait carte blanche. Entre le travail sur les fameuses sorcières qui restent dans les éternels clichés manichéens et sa fâcheuse habitude à bâcler le final de ses œuvres (le pire étant son récent 31). Un petit point noir qui empêche The Lords of Salem de surclasser son diptyque (et futur trilogie avec la suite 3 From Hell qui est en préparation) La Maison des 1000 Morts et The Devil’s Reject, en devenant son meilleur film. En revanche, on ne boude pas notre plaisir de l’avoir enfin vu en salle, après sa malencontreuse sortie en DTV, quelques années plus tôt.


TITRE : Un Cas pour un Bourreau Débutant
RÉALISATION
: Pavel Juracek

AVEC : Lubomír Kostelka, Klára Jerneková, Milena Zahrynowska, Radovan Lukavský, Jirí Janda, Ludek Kopriva, Milos Vávra…
ORIGINE : Tchécoslovaquie
GENRE : Fantastique
DATE DE SORTIE : 1969
DURÉE : 1h42
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Rescapé d’un accident de voiture, Lemuel Gulliver trouve sur la chaussée la dépouille d’un lapin en costume. Il lui chipe sa montre et se met en marche. Bientôt, il arrive dans l’insolite contrée de Balnibari.

Devenue une habitude involontaire depuis maintenant deux ans, chaque édition possède au minimum un film tchèque. Après les très bons, L’Incinérateur de Cadavres, Le Marteau des Sorcières et Marketa Lazarová, c’est maintenant au tour d’Un Cas pour un Bourreau Débutant de représenter ce pays pour cette nouvelle édition. Réalisé par l’un des réalisateurs issu du mouvement le miracle tchèque (ou la nouvelle vague tchèque), Pavel Juracek, au début du fameux printemps de Prague. Un Cas pour un Bourreau Débutant est malheureusement le dernier film de la courte carrière du cinéaste (seulement quatre films dont deux longs-métrages) avant d’être exilé en Allemagne. Ce métrage est une fusion de trois univers différents. Inspiré à la fois des Voyages de Gulliver de Jonathan Swift (Part III : A voyage to Laputa, Balnibarbi, Luggnagg, Glubbdubdrib, and Japan), le film emprunte différents éléments à Lewis Caroll (le fameux lapin et sa montre à gousset) mais également de l’auteur Franz Kafka via le parcours de son personnage principal Lemuel Gulliver (Lubomír Kostelka). C’est donc au travers de douze chapitres que l’on suit les pérégrinations de Lemuel Gulliver dans un chamboulement de l’espace et du temps. Bien que les premières minutes soient particulièrement drôles avec un accident de voiture au ton volontairement absurde, il faut ensuite bien s’accrocher pour comprendre ensuite la démarche de l’auteur. Les nombreuses déambulations du personnage amène ce derniers dans des décors et des situations mêlant à la fois l’improbable et l’inquiétant, où il est facile de se perdre à tout moment. La confusion de tous ces éléments, conjugués à la prolifération de très nombreux personnages secondaires, contribuent à notre perte totale de repère. Pourtant bien aidé par la toujours remarquable présentation d’Eric J. Perretti, qui nous a livré quelques clés de compréhension, il est malheureusement difficile d’en saisir toute l’essence avec seulement une vision. Reste toutefois une remarquable exécution, entre un montage considérablement adroit, une science du cadrage et un travail sonore particulièrement abouti.


TITRE : Radius
RÉALISATION
: Caroline Labrèche et Steeve Léonard

AVEC : Diego Klattenhoff, Charlotte Sullivan, Robert Borges, Andrea Del Campo, Nazariy Demkowicz, Brett Donahue, Andrea Houssin…
ORIGINE : Canada
GENRE : Science-fiction, Thriller
DATE DE SORTIE : Prochainement
DURÉE : 1h33
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Un jeune homme se réveille à la suite d’un accident de voiture, sans le moindre souvenir ce que s’il s’est passé. Et lors de son passage dans un village, il ne croise que des cadavres aux yeux pâles.

L’équipe du festival avait fortement conseillé d’être vierge de toutes informations avant de découvrir ce nouveau film en compétition, Radius réalisé par le tandem Caroline Labrèche et Steeve Léonard, afin de jouir d’une expérience totale. C’est donc avec obéissance qu’on a suivi ce conseil, en n’ayant seulement lu le synopsis. C’est d’ailleurs à vous de voir si vous souhaitez lire ces lignes, même si bien sûr on va se garder de ne pas vous divulgâcher le récit, afin de maintenir votre surprise. Écrire un film où toute la fondation repose sur une révélation finale n’est pas chose aisée. Bons nombres d’œuvres se reposant sur ce simple concept ont été produit chacun avec des succès différents. Le meilleur étant incontestablement Old Boy de Park Chan-Wook. A la manière d’un film à twist, cet exercice de style est donc terriblement casse gueule. En règle général, soit leurs auteurs respectifs arrivent à nous convaincre par la solidité de cette révélation, soit à l’inverse il s’éclate totalement. Radius à la chance (ou pas) de ne pas tomber dans ces excès. Mais est-ce que cela en fait-il un bon film ? Et bien, pas vraiment. Quand bien même, les deux cinéastes tentent de nous maintenir en haleine en distribuant au compte-gouttes quelques informations, soit au travers de quelques souvenirs éparses ou par quelques indices visuels. Des indications dosées aléatoirement qui malheureusement en révèle parfois un peu trop, notamment sur le phénomène à l’origine de l’amnésie que l’on devine assez vite. L’histoire repose pendant une bonne heure et demi sur deux intrigues sensés se rejoindre au dernier moment mais qui se parasitent mutuellement de façon maladroite et affaiblit l’ensemble de la structure de façon artificielle. Ainsi notre implication dans le récit se retrouve épisodiquement mis à mal, l’effet de surprise final s’en trouvant nettement amoindrit. Esthétiquement loin d’être irréprochable, Radius peine malheureusement à convaincre, bien que l’implication de ses deux personnages principaux est loin d’être inintéressante. Dommage…


TITRE : Scoundrels
RÉALISATION
: Cecil Howard

AVEC : Ron Jeremy, Lisa Be, Tigr, George Payne, Copper Penny, Anna Turner, Robert Kerman…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Drame, Pornographie
DATE DE SORTIE : 1982
DURÉE : 1h30
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : La vie bien rangée d’un psychiatre se désintègre lentement lorsqu’il découvre que sa femme le trompe et que sa fille est plus que sexuellement active. Désillusion de la middle class américaine version hard.

C’est l’heure maintenant du cinéma coquin. Depuis maintenant deux ans, le festival renoue avec la projection d’un film d’amour non simulé, soyons clair, c’est donc un film classé X. Dans une démarche de vouloir montrer des films porno avec une approche arty ou esthétique (c’est selon), bien loin de ce que propose cette industrie depuis maintenant plusieurs années. Scoundrels fait donc suite au porno gay Bijou et à Corruption et sa photographie particulièrement soignée. Scoundrels est dans un sens plus proche de ce dernier, mais loin d’être au même niveau. Certes quelques cadrages sont bien trouvés, mais souvent bien mal montés (un comble pour un porno), notamment dans son introduction ou les faux raccords sont aussi nombreux que risibles. Voulant sortir des sentiers battus, Cecil Howard et sa scénariste Anne Randall tente de faire de l’histoire une sorte de vaudeville en mode soap opéra, mais qui est précocement plombé par une compilation de clichés particulièrement grotesque, propice à faire raccourcir l’intrigue et rapprocher les scènes explicites. Difficile de relever le niveau après ça, bien que le final tente de le faire dans une scène typique du comique de situation particulièrement improbable. On va vite oublier celui-ci…


On se retrouve demain avec l’ouverture du fameux Cabinet de curiosité filmique, puis la suite des thématiques : Sabbat Matter et À Travers le Miroir. Bien entendu, la compétition long-métrage continuera à battre son plein avec le film tiré de faits réels : Jersey Affair. A demain !

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