11ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 7


Toutes les bonnes choses ont une fin, car c’est maintenant le dernier jour des Hallucinations Collectives. On commence cette journée avec le dernier film du Cabinet de curiosité et le mystérieux Les Symptômes de José Ramón Larraz, suivi du dernier film de la compétition avec le fantomatique Satan’s Slave de Joko Anwar, puis le dernier film de la carte blanche à Fabrice Du Welz avec le faux-semblant L’Inconnu de Tod Browning et enfin le film de clôture avec le défouloir Downrange de Ryûhei Kitamura.

TITRE : Les Symptômes
RÉALISATION
: José Ramón Larraz

AVEC : Angela Pleasence, Lorna Heilbron, Peter Vaughan, Mike Grady, Raymond Huntley, Marie-Paule Mailleux, Nancy Nevinson…
ORIGINE : Royaume-Uni
GENRE : Thriller, Horreur
DATE DE SORTIE : 1974
DURÉE : 1h32
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Helen, encore convalescente et nerveusement fragile, retourne, en compagnie de son amie Anne, dans la vieille demeure familiale au cœur des bois. Anne ressent très vite que les lieux dissimulent un lourd secret.

Adapté d’une histoire de l’écrivain belge Thomas Owen, Les Symptômes est une oeuvre atypique pleinement ancrée dans son époque, les années 70. Longtemps considéré comme perdu, la copie original a finalement été retrouvé en 2014 puis restauré. Similaire dans son sujet au Répulsion de Roman Polanski avec Catherine DeneuveLes Symptômes raconte la dérive mentale progressive de ses personnages dans une sublime maison de campagne familiale. Bien que la mise en scène soit assez classique et que le film bascule vraiment dans l’étrangeté dans son dernier tiers, le réalisateur José Ramón Larraz filme avec une beauté éthéré la nature boisée automnale, mais aussi ses héroïnes. Malgré un rythme particulièrement lent, Les Symptômes est une oeuvre captivante aux allures de thriller gothique contemporain, dont la musique de John Scott apporte une touche mélancolique et énigmatique.


TITRE : Satan’s Slave
RÉALISATION
: Joko Anwar

AVEC : Bront Palarae, Tara Basro, Endy Arfian, Dimas Aditya, Nasar Annuz, M. Adhiyat, Ayu Laksmi…
ORIGINE : Indonésie

GENRE : Drame, Horreur
DATE DE SORTIE : 2017
DURÉE : 1h46
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Après avoir succombé à une maladie étrange dont elle a souffert pendant trois ans, une mère retourne dans sa maison pour récupérer ses enfants.

Six ans plus tôt, on avait été particulièrement alléché par la bande-annonce du deuxième long-métrage, Modus Anomali de Joko Anwar, qui s’est avéré être une désillusion à la découverte du film. C’est donc avec précaution qu’on n’a pas voulu s’emballer outre mesure pour son dernier né Satan’s Slave, et qui sans attente particulière, est tout de même une déception. Accumulant de nombreuses références de tout un panel de films d’horreurs, allant des films de fantômes de la japan horror à des classiques du cinéma fantastique américain, on peut difficilement faire plus impersonnel que Satan’s Slave. Car même en tant que pur divertissement effrayant, le film de Joko Anwar n’est pas à la hauteur. Certes quelques rares bonnes idées sont présentes, la scène du drap dans le couloir est peut-être le meilleur exemple, mais par un trop grand excès de générosité, Satan’s Slave annihile ses rares bonnes idées en voulant trop en montrer et trop en faire. 


TITRE : L’Inconnu
RÉALISATION
: Tod Browning

AVEC : Lon Chaney, Joan Crawford, Nick De Ruiz, Norman Kerry, John George, Frank Lanning, Polly Moran…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Drame, Romance, Muet
DATE DE SORTIE : 1927
DURÉE : 50 minutes
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Alonzo, « l’homme sans bras », vedette d’un cirque installé à Madrid, tire à la carabine et lance des poignards avec ses pieds sur sa partenaire, dont il est secrètement et follement amoureux, la jolie Estrellita. C’est la fille de Zanzi, le directeur.
Malabar, l’hercule du cirque, est également sensible aux charmes de la jeune fille, laquelle ne lui prête pourtant aucune attention, car Estrellita est terrifiée par les mains des hommes. Aussi se sent-elle en sécurité auprès d’Alonzo.

Dernier film de la carte blanche de Fabrice Du WelzL’Inconnu est réalisé par le réalisateur culte de Freaks et le Dracula avec Bela Lugosi. Considéré comme le meilleur film de sa période muet, L’Inconnu, adapté du roman K de Mary Roberts Rinehart, est d’une puissance visuelle rare. Porté par l’incroyable prestation contorsionniste de Lon Chaney et la touchante Joan Crawford, Tod Browning dissèque la psychologie des comportements et des états d’âme de ses personnages. A la fois triste et cruel, L’Inconnu est une des merveilles du cinéma muet. Bien que classique dans sa mise en scène, c’est par la beauté de ses images et le remarquable travail de montage entre les prises de vues et les cartons que le film prend vie. Combiné à l’impeccable interprétation de ses comédiens, on a même l’impression d’entendre les répliques des comédiens. Impressionnant…


C’est maintenant l’heure de la cérémonie de clôture et après les remerciements d’usage, place au palmarès de cette onzième édition, dans lequel on a pris plaisir à prendre part au jury presse. Sans plus tarder voici les quatre gagnants de la compétition :

  • Prix du Jury Lycéen pour la compétition courts-métrages : Et le diable rit avec moi de Rémy Barbe
  • Grand Prix de la compétition courts-métrages : Min Börda de Niki Lindroth Von Bahr
  • Prix du Jury Presse pour la compétition longs-métrages : Jersey Affair de Michael Pearce
  • Grand Prix de la compétition longs-métrages : Mutafukaz de Shojiro Nishimi et Guillaume Renard

Le gagnant du Grand Prix de la compétition courts-métrages, Min Börda (Mon fardeau en français) de Niki Lindroth Von Bahr, est donc rediffusé. Un film d’animation dystopique en stop-motion, sous forme de comédie musicale, mettant en scène des animaux qui rêvent d’une vie meilleure considérant leur travail comme un fardeau. Triste et comique à la fois Min Börda faisait parti des meilleurs films de la sélection court-métrage au côté de Nocturne de Anne Breymann et État d’alerte sa mère de Sébastien Pedretti (pour lequel on avait voté).


TITRE : Downrange
RÉALISATION
: Ryûhei Kitamura

AVEC : Kelly Connaire, Stephanie Pearson, Rod Hernandez, Anthony Kirlew, Alexa Yeames, Jason Tobias, Aion Boyd…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Thriller
DATE DE SORTIE : Prochainement
DURÉE : 1h30
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Six étudiants font du covoiturage, jusqu’à ce que leur véhicule se retrouve avec un pneu crevé dans un coin reculé et désertique des Etats-Unis. Sauf que ce pneu crevé n’est pas un accident, quelqu’un leur a tiré dessus et va les assassiner un par un.

Downrange est le dernier né de Ryûhei Kitamura réalisateur japonais des fameux Versus, l’ultime guerrier ou encore Azumi et du plus mitigé Godzilla : Final Wars, avant de partir aux États-Unis pour continuer sa carrière depuis le film Midnight Meat Train, qui avait fait l’ouverture des Hallus en 2009 ( à l’époque nommé Étrange Festival de Lyon). Fidèle à la tradition du festival, le film de clôture est toujours un immense feu d’artifice. Malgré son scénario ultra simple qui tient sur un post-it, le cinéaste propose avec Downrange un défouloir à la fois divertissant et gore. La caméra toujours aussi virevoltante, signature du réalisateur depuis son premier film, Ryûhei Kitamura emballe son film tambour battant dès son introduction en mettant le pied sur le frein que dans quelques courts instants. Certes les incohérentes et faux raccords sont légions et les comédiens font le service minimum, mais la générosité et le ton très premier degré assumé du réalisateur nippon nous emporte totalement jusqu’à l’apothéose de ses ultimes secondes complètement folle. Downrange était donc le bouquet final idéal pour clôturer cette édition de pure cinéphilie ou l’on déclare tous ensemble notre amour fou pour un cinéma différent.


C’est donc maintenant terminé pour cette onzième édition. Encore merci aux Hallucinations Collectives pour cette superbe édition, pour l’accréditation presse et pour nous avoir confier le prix du Jury Presse au côté de Guillaume Gas de Courte Focale et de Vincent Nicolet de Culturopoing, c’était un immense plaisir et un honneur pour nous. On se donne rendez-vous l’année prochaine, pour la douzième édition, qui devrait avoir lieu normalement du 16 au 22 avril 2019 au Comoedia

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