11ème édition des Maudits Films : Jour 4

Avec cette 11ème édition, cela fait maintenant dix ans que l’incorrigible Festival des Maudits Films déferle sa folie sur la ville de Grenoble, pour le plus grand plaisir des cinéphiles les plus curieux. Avec sa sélection quasi unique en France, mélangeant aussi bien des classiques du genre, que des films plus obscurs ou oubliés, le festival isérois s’est fait une place de cœur et de choix pour les spectateurs avides d’expériences et d’aventures nouvelles. La monstrueuse programmation (et c’est peu dire) de cette journée du vendredi 25 janvier 2019 était bien trop belle et excitante pour ne pas sauter sur l’occasion. C’est donc avec courage et détermination que nous avons bravé le froid en direction de la salle obscure du cinéma Juliet Berto de Grenoble.

TITRE : Them ! – Des Monstres Attaquent la Ville
RÉALISATION
: Gordon Douglas

AVEC : James Whitmore, Edmund Gwenn, Joan Weldon, James Arness, Onslow Stevens, Sean McClory, Chris Drake…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Horreur, Science-fiction
DATE DE SORTIE : 3 juin 1955
DURÉE : 1h34
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : 1954, Nouveau-Mexique. Le shérif Peterson et son adjoint Ed Blackburn sont témoins de morts étranges et inexpliquées dans le désert. Ils ne tardent pas à découvrir qu’une colonie de fourmis géantes, issues d’une mutation génétique consécutive à des essais nucléaires de l’armée américaine neuf ans plus tôt, en 1945, menace d’envahir le pays…

Pour cette première séance de la journée, l’équipe des Maudits Films à déniché un des fleurons les plus méconnus de la série B de science-fiction des années 50, le vieillissant mais néanmoins sympathique : Them ! – Des Monstres Attaquent la Ville. À la croisée des chemins entre le prestigieux Godzilla d’Ishiro Honda et le non moins fameux Tarantula de Jack Arnold (sorti un an plus tard), Them raconte l’histoire d’un scientifique qui découvre qu’à la suite d’une forte exposition aux radiations atomiques des fourmis enfouies dans le désert du Nouveau-Mexique ont muté pour devenir des monstres géants. Surfant sur la vague des films de science-fiction antinucléaire, initié en 1953 par Le Monstre des temps perdus d’Eugène Lourié, Them a la particularité supplémentaire d’exploiter intelligemment le contexte anxiogène de l’époque : la guerre froide. Présenté dans une superbe restauration DCP, et malgré des effets spéciaux qui ont pris de l’âge, Them reste encore aujourd’hui l’un des trésors du cinéma de science-fiction. De plus, sa réalisation quasi-documentaire en fait un parfait témoignage de son époque. Bref, un excellent choix pour commencer cette journée, sous les meilleurs auspices. 


TITRE : La Revanche de King Kong
RÉALISATION
: Ishiro Honda

AVEC : Haruo Nakajima, Hiroshi Sekita, Rhodes Reason, Akira Takarada, Linda Miller, Eisei Amamoto, Mie Hama…
ORIGINE : Japon, États-Unis

GENRE : Science-fiction
DATE DE SORTIE : 13 novembre 1968
DURÉE : 1h26
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Un génie du mal nommé le Dr. Huu a créé un robot (Mechani-Kong), afin de creuser pour un élément hautement radioactif appelé « élément X ». Quand il échoue, il séquestre le vrai King Kong pour faire le travail à sa place. Peu après les deux monstres s’affrontent en plein Japon.

Initialement nommé La Revanche de King Kong (en 1968), avant d’être renommé King Kong s’est échappé pour sa ressortie en 1976 (afin de profiter de la sortie du remake de King Kong), la célèbre 8ème merveille du monde vie sa seconde (et dernière ?) aventure en terre nippone. Bien que n’ayant aucun rapport avec King Kong contre Godzilla, réalisé six ans plus tôt, c’est bien le maître du kaiju eiga qui est au manivelle de ce loufoque standalone : le regretté cinéaste Ishiro Honda. Volontairement drôle et divertissant, ce King Kong flirte régulièrement avec le nanar, sans pourtant y tomber totalement. La différence étant qu’on rigole avec lui, mais pas de lui. Sous ses allures parfois James Bondienne dans l’intrigue, le célèbre gorille doit affronter son double robotique : le Mechani-Kong (créé par le machiavélique Dr Huu), pour la suprématie du titan et la protection de Tokyo. Projeté en 35mm et en VF, La Revanche de King Kong a bien évidemment rencontré un succès dans une salle bien remplie, à la bonne humeur et au rire communicatif devant ces inoubliables décors en carton-pâte qui font le charme indémodable du genre.


TITRE : Barracuda, les mâchoires de la mort
RÉALISATION
: Harry Kerwin

AVEC : Wayne Crawford, Jason Evers, Roberta Leighton, Cliff Emmich, William Kerwin, Bert Freed, Scott Avery…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Horreur, Thriller
DATE DE SORTIE : 1978
DURÉE : 1h30
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : En Floride, dans une petite ville, au bord de l’Atlantique, de curieux événements se produisent. Une plongée sous-marine se termine de manière dramatique. Des habitants de la petite ville, d’habitude fort pacifiques, deviennent dangereusement agressifs. Une autre équipe de plongeurs est férocement attaquée par des barracudas, des poissons qui d’habitude, sont inoffensifs pour l’homme… 

Troisième film de cette journée et première déconvenue avec le fameux Barracuda, les mâchoires de la mort, bien qu’il réserve quelques surprises. Dès son introduction sous-marine, on a très vite l’impression d’avoir affaire à énième un mockbuster des Dents de la Mer. Quand bien même, les fameuses attaques de barracudas soient aussi brèves que nombreuses, The Lucifer Project (titre original) navigue, tant bien que mal (surtout mal), vers une direction inattendue : celle de l’horreur écologique aux accents complotistes. Proposé dans une copie 16mm et malgré une VF nanardesque, l’ennui se fait très rapidement sentir… La faute a un récit souvent incohérent, voire incomplet dans ce qu’il propose, et qui se perd en voulant se complexifier inutilement. Reste toutefois un final pessimiste qui sort des sentiers battus, mais dont la bien trop maigre « qualité » n’arrive pas à sauver le naufrage de ce petit film d’exploitation, aussi vite vu qu’oublié.


TITRE : Massacre à la Tronçonneuse 2 
RÉALISATION
: Tobe Hooper

AVEC : Dennis Hopper, Caroline Williams, Jim Siedow, Bill Moseley, Bill Johnson, Ken Evert, Harlan Jordan…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Horreur
DATE DE SORTIE : 21 janvier 1987
DURÉE : 1h40
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Au Texas, deux jeunes gens sont retrouvés morts dans leur voiture, massacrés à coups de tronçonneuse. La police tente de faire passer cette affaire pour un banal accident d’automobile. Mais, les victimes étant en contact téléphonique avec une animatrice de radio au moment du crime, celle-ci a pu en enregistrer la « bande-son »…

L’heure du réveil a sonné ! Après le somnolant Barracuda, place à la suite allumée du cultissime Massacre à la Tronçonneuse. Réalisé 12 ans plus tard, cette suite prend le contre-pied total de son aîné, bien que Tobe Hooper affirme avoir déjà placé de l’humour noir dans le premier. On a beau deviner les séquences potentielles auxquelles il pense, l’ambiance glauque et poisseuse omniprésente font que l’humour noir sous-jacent n’est clairement pas une évidence, a contrario de cette suite. Dès son introduction, le ton de la gaudriole désinhibée est donné tout azimuts, jusqu’au plan final. Un dernier plan qui va même jusqu’à parodier la poésie macabre du plan final iconique du premier Massacre, de façon grand-guignolesque. Mais surtout, Tobe Hooper abandonne le gore hors champs, pour nous l’exposer cette fois, en pleine tronche ! Se refusant toutes limites possibles, le cinéaste fonce pied au plancher dans la démesure et la surenchère la plus totale. De plus, le réalisateur trouve le relais idéal à son extravagance, en la personne de Tom Savini, au poste de maquilleur et responsable des effets spéciaux. Ce dernier, fidèle à lui-même, se donne à cœur joie pour doper ce rodéo sanglant, aux décors effrayants et colorés, jusqu’à l’extrême

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