8ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 2

Après une journée d’ouverture allégée (un court-métrage et un long-métrage), le Festival Hallucinations Collectives passent aux choses sérieuses avec cinq films au programme (dont un court-métrage). Avant chaque séance l’équipe du festival, nous a concocté un petit teaser faisant office de jingle, avant de présenter la projection avec des intervenants de qualité Cyril Despontin, Benjamin Leroy et Eric J. Peretti qui en sont les figures de proue. Des sources toujours intarissables et encore plus intéressantes en anecdotes sur les réalisateurs et sur les films présentés.

 
Le premier film choisi pour ouvrir cette seconde journée n’est pas un des moindres, il s’agit du très connu Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato qui entre dans le cadre de la thématique Italie, Mère de tous les Bis. Film censuré un peu partout dans le monde pour sa violence à l’état brut et baigné d’une réputation sulfureuse. À tel point que le réalisateur à été assigné en justice pour assassinat envers ses acteurs. Un revers de la médaille suite à sa campagne promotionnelle, où le metteur en scène italien disait que « ceux qui ont tourné ces images ont été dévorés par des cannibales » , la justice étant clairement tombée dans le panneau du « réalisme » du film. En revanche, là ou le métrage fait scandale encore aujourd’hui, à juste titre, c’est pour avoir torturé et tué des animaux pour les besoins du film. C’est d’ailleurs ces séquences qui me dérangent encore le plus après ma nouvelle vision d’aujourd’hui. Pour cette séance, le film nous a été proposé dans une version restaurée et dans son intégralité, de quoi amplifier la sensation de malaise auprès du spectateur. Un effet toujours garanti alors qu’il fête cette année ses 35 ans, la critique des médias quasi omniprésente durant les 95 minutes semble encore aujourd’hui d’actualité. Effrayant de réalisme on vous dit !

C’est avant le film, L’Île du Dr. Moreau que se place le court-métrage du jour. Un film d’animation belge au doux nom suivant : Dans la Joie et la Bonne Humeur de la réalisatrice Jeanne Boukraa. Un film au contenu bien moins doux que son titre car il dresse un portrait de notre société accro à la technologie croissante dans le but d’assouvir sa quête de l’immortalité. Thème collant parfaitement à la thématique de la Nouvelle Humanité de cette 8ème édition. Très bon choix avant d’attaquer le premier film en long-métrage qui inaugure ce thème, L’Île du Dr. Moreau de Erle C. Kenton. Produit par la Paramount afin de concurrencer les fameux Universal Monsters, le film méconnu du grand public, n’a toujours pas pris une ride aujourd’hui et son impact est toujours puissant autant visuellement que dans son message toujours aussi fort pour dénoncer l’expérimentation animale et la vivisection, où l’homme tend à se prendre pour dieu au nom de la sacro-sainte science. Une adaptation honnête de la très bonne nouvelle de H.G. Wells, malgré ses quelques libertés. Un film qui ne démérite pas face aux Universal Monsters mais également aux côtés de Freaks de Tod Browning (comme l’a d’ailleurs très bien fait remarquer Eric J. Peretti). Un vrai régal !

Retour à la compétition avec le film Spring du duo Justin Benson et Aaron Moorhead. Un long-métrage que je n’attendais pas et qui se révèle être assez surprenant. Grâce à une mise en scène intimiste, le film fait preuve d’une très belle originalité en traitant une romance fantastique sous un angle inattendu.

Pour clôturer cette deuxième journée, place à un réalisateur très connu qui entre dans le cadre de la thématique Italie, Mère de tous les Bis…, le maître du giallo Mario Bava. C’est d’ailleurs un de ses films les plus méconnu qui nous est présenté, Rabid Dogs. Un thriller filmé en majeure partie à l’intérieur d’une voiture (un exercice de style particulièrement compliqué à l’époque). Durant 95 minutes, on suit la fuite de malfrats et de leurs otages, sortis d’un braquage raté, dans un road-movie sanglant mais quelque peu longuet. Principalement, dû à deux protagonistes particulièrement insupportables. En revanche, la surprise viendra d’une bonne conclusion du film qui relève le niveau en montrant encore une fois que l’habit ne fais pas le moine. Un final qui heureusement nuancera ma déception.

On vous dit à demain pour la suite de ces hallucinantes aventures au pays du bis et de l’étrange avec entre autres l’excellent Scanners de Cronenberg et la suite de la compétition de long métrage avec le film espagnol Shrew’s Nest.

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