8ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 5

Le festival commence à battre son plein avec cette cinquième journée. Au programme ce jour, la séance de courts-métrages où huit films ont été projetés, le retour de la compétition avec deux films et deux films rétrospectives (dont le début de la carte blanche à Christophe Gans).

On commence donc cette journée à 11h tapante par la compétition des courts-métrages. Des films assez inégaux mais dont deux ou trois sortent clairement du lot. Une sélection qui commence à mettre la barre très haut avec l’excellent The Boy With a Camera for a Face de Spencer Brown. Un film avec un pitch improbable, celle d’un enfant qui naît avec un appareil photo en guise de tête. Un court-métrage qui se révèle être chargé d’émotions et qui ressemble sur certains aspects à The Truman Show. Une petite pépite frôlant le chef d’œuvre, les autres films de la sélection faisant pâle figure à côté. Reste à noter toutefois deux autres films de très bonne qualité pour leurs ambiances très travaillées. Le film d’animation Sale Gueule d’Alain Fournier avec son ambiance conte fantastique marin et How to Make A Nightmare de Noah Aust, à mi-chemin entre du Caro-Jeunet et du Terry Gilliam. Les autres films présentés étant clairement en dessous de ceux  pré-cités, hormis peut-être Beach Week et son univers Lynchien mais auquel il manquait quelque chose pour vraiment nous emporter.

Liste complète des courts-métrages en compétion (dans l’ordre de diffusion) :
The Boy With a Camera for a Face de Spencer Brown
Sale Gueule de Alain Fournier
Autogrill de Théophile Gibaud
How to Make a Nightmare de Noah Aust
Tiger de Jacob Chelkowski
Symphony no. 42 de Reka Bucsi
Beach Week de David Raboy
Tempête sur Anorak de Paul Cabon

Retour à la compétition des longs-métrages avec le film norvégien Blind de Eskil Vogt. Comme son nom l’indique, un film autour de la cécité. Un métrage excellemment écrit avec une intrigue complexe qui ne laisse pas indifférent et qui fait travailler le cerveau du spectateur pour mieux en comprendre les tenants et les aboutissants. Un film qui mérite certainement plusieurs visions pour en percevoir toutes les subtilités. J’y reviendrai certainement en détails lors d’une future chronique après l’avoir revu à l’occasion de sa prochaine sortie en salle, programmée le 29 avril prochain. A voir pour ceux qui aiment se retourner le cerveau.

Place maintenant au premier film de la carte blanche de Christophe Gans, Hitokiri, le châtiment de Hideo Gosha. Un long-métrage sur lequel Christophe Gans est revenu très longuement dans une présentation passionnante. Ce cinéphile et cinéaste montre encore une fois qu’il est une véritable Bible ouverte sur le cinéma. Un film violent et totalement nihiliste avec une réalisation impressionnante et une intrigue politique qui tranchent à vif l’histoire du Japon. Un film indispensable pour tous les fans de cinéma sur les samouraïs.

La compétition continue en cette cinquième journée avec The Duke of Burgundy de Peter Strickland. Réalisateur qui avait obtenu le Grand Prix lors des Hallucinations Collectives de 2013 avec son très bon film Berberian Sound Studio. Mais qui cette fois revient avec un film, certes artistiquement irréprochable que ce soit sur le plan visuel et sonore, mais qui en oublie l’essentiel, un scénario. Au lieu de ça, on assiste à 101 minutes d’un fantasme de soumission avec des femmes en nuisette. Un film qui aurait été surement bien mieux traité s’il avait été écrit et réalisé par une femme. Misogyne à souhait.

C’est au tour d’un court-métrage d’être diffusé juste avant le dernier long-métrage de la soirée. Un court-métrage très bien choisi pour coller au porno gay qui conclut la journée. C’est un film d’animation belge de 7 minutes qui nous est proposé, Deep Space de Bruno Tondeur. De la SF improbable dans laquelle le personnage principal atterrit sur une planète où les créatures locales se livrent à des orgies explicites entre espèces. Il a suffi de quelques coups de stylos habilement griffonnés pour réaliser ce film et pour nous faire rire au passage. Sympathique mais pas à mettre devant tous les regards. C’est donc au fameux film interdit aux moins de 18 ans de conclure la soirée, Bijou de Wakefield Poole. Un film qui propose une autre approche de la pornographie en y mettant une certaine forme de poésie grâce à de l’excellente musique classique, avec notamment la musique de Gustav Holst et son chef d’œuvre Les Planètes. Même s’il faut le remettre dans le contexte de l’époque (1972), malgré sa tentative artistique aussi bien sur le fond que sur la forme, le réalisateur à la fâcheuse tendance à faire trop durer ses plans créant une lassitude et un profond ennui chez le spectateur. Dommage ! Au passage, si des personnes souhaitent découvrir de la pornographie ou de l’érotisme avec des scènes explicites sous une approche différente des productions classiques et mercantiles, je ne saurais que mieux vous conseiller l’excellent Shortbus de John Cameron Mitchell.

A demain pour de nouvelles aventures avec les films La Chute du Faucon Noir de Ridley Scott, Goodnight Mommy de Veronika Franz et Severin Fiala et Le Venin de la Peur de Lucio Fulci.

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