9ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 2

On entre dans le vif du sujet du festival avec cette deuxième journée en terre hallucinée. Au programme de celle-ci : quatre longs-métrages et un court-métrage, de quoi passer une après-midi et une soirée bien remplies.

On entame cette journée avec le Zoom sur Jess Franco, réalisateur de plus de 200 films selon Alain Petit, le spécialiste français du cinéaste espagnole, qui nous introduit cette séance. Le premier film de ce focus qui a été choisi par l’équipe de ZoneBis, est Les Inassouvies. Un long-métrage très librement adapté de La Philosophie Dans le Boudoir de Sade, à la sauce sixties, possédant également quelques légères similitudes avec les protagonistes principaux des Liaisons Dangereuses. Malgré une photographie sympathique (à noter un chef op qui à la fâcheuse tendance à manquer le point, la moitié du film est floue ou presque) et un certain sens du cadre, le film pêche par son scénario. En effet, celui-ci sert seulement de prétexte à un fétichisme gratuit et de la nudité féminine à tout va. Ce qui est à l’opposé, à mon sens, de la thématique principale du festival qui est centrée sur les femmes fortes. Même si on peut y voir de légères subtilités pour critiquer la haute société et ses privilèges, cela est bien trop faible pour sauver une production qui nous fait soupirer la plupart du temps. Seul point positif, la présence de Christopher Lee au casting. Mais film aussi vite vu, aussi vite oubli, en somme.

Avant le deuxième long-métrage du jour, Black Moon de Louis Malle, l’équipe du festival nous a proposé un court-métrage de mise en bouche répondant au doux nom de Lilith, par Maxim Stollenwerk. Un film à l’histoire quelque peu vampirique, baignée dans une ambiance photographique d’une beauté irréprochable, au dépend d’un scénario minimaliste. Intéressant tout de même. Une fois celui-ci terminé, la projection de Black Moon s’enchaine, une production que l’on pourrait résumer en les termes « Bizarre vous avez dit bizarre ? ». Un étrange voyage dans un monde à la Alice aux Pays des Merveilles grand-guignolesque, sous champignon. Un film curieux qui divise le public, provoquant soit l’ennui soit la fascination. Un véritable OFNI qui a permis d’ouvrir, par l’étrange, la thématique principale du festival : Les Singulières.

Place maintenant au premier film de la compétition avec Scare Campaign de Colin et Cameron Cairnes. A la fois drôle et gore, cette petite pépite venue tout droit d’Australie propose une critique appréciable du monde de la TV réalité avec son lot de twists.

Pour clôturer cette deuxième journée, on fait un p’tit tour vers la traditionnelle thématique Cabinet de Curiosités. Et c’est un grand réalisateur qui est mis à l’honneur, à savoir Paul Verhoeven. Un long-métrage d’une grande rareté, que j’ai eu l’occasion de découvrir. Malgré son passif sulfureux aux Pays-Bas, Spetters est un vrai film de personnage à la fois âpre, sale et violent. Comme à l’accoutumé Paul Verhoeven ne fait pas de concession et livre un portrait tout en noirceur de la jeunesse néerlandaise des années 80. Provocateur jusqu’au bout, il en profite également pour charger férocement la religion et l’éducation chrétienne. Une bonne découverte, à ne toutefois pas placer devant tous les regards.

Une nouvelle grosse journée nous attend demain avec quatre autres films, dont celui à segments, Southbound.

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