9ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 3

C’est parti pour la troisième journée en terre hallucinée. Au programme de celle-ci : quatre longs-métrages (dont une projection presse) et un court-métrage.

On commence cette journée tôt le matin avec la projection presse de Alone réalisé par Thierry Poiraud. Avec un postulat de départ rappelant The Crazies de George Romero, le réalisateur souhaite traiter du cap difficile du passage à l’âge adulte. Même si le film est meilleur que son segment de Goal of the Dead, les enjeux et la narration dépassent que trop rarement la note d’intention. Ce qui est fort dommageable car l’idée est bel et bien là, mais n’est sans cesse qu’effleurée alors qu’elle aurait dû être creusée. A noter tout de même un excellent travail de décor de début d’apocalypse.

Retour en début d’après-midi, avec la suite de la thématique principale qui à pour thème : Les Singulières. Avec en premier lieu, la projection d’un court-métrage surprise : Les Pécheresses de Gerlando Infuso. Un film qui relate  l’histoire de trois femmes, à trois époques différentes, bravant un interdit : la première, Eve, issue de la Bible, la deuxième, Joséphine, dernière épouse de Barbe Bleue, la troisième, Cerise, danseuse dans un cabaret new-yorkais des années 30. Une production qui à le mérite de posséder une excellente mise en scène à partir de pâte à modelé, réalisé en stop-motion. Bonne surprise sur la forme mais nettement moins dans le fond. Avis mitigé donc.
Une fois celui-ci terminé, la projection s’enchaine avec le long-métrage La Fille qui en savait trop de Mario Bava. Un réalisateur que j’apprécie personnellement, et dont je n’ai malheureusement pas encore terminé de voir sa filmographie. Ce qui tombe bien, car je n’avais jamais vu celui-ci, et quoi de mieux que de le découvrir sur grand écran. La Fille qui en savait trop est considéré comme le premier film de type giallo, un genre que j’apprécie particulièrement. Mais comme la justement précisé Eric J. Peretti dans son introduction, c’est plutôt un brouillon du giallo, mais pas dans le sens péjoratif du terme, au contraire. Les bases de ce genre nouveau (pour l’époque) sont belle et bien posé, telle une esquisse en devenir. Une production qui à pour personnage principal une femme forte, qui mène une enquête suite à un meurtre dont elle a été témoin. Ancré dans un style Agatha Christie, le film se situe dans la ville de Rome sublimée par le sens de la mise en scène du maitre italien et une somptueuse photographie noir et blanc. Un moment de cinéma fort sympathique quelque peu Hitchcockien à la sauce whodunit révélant quelques surprises. Amoureux du genre, je vous conseille de le découvrir.

Nouveau film, nouvelle découverte avec Appel d’Urgence de Steve de Jarnatt dans le cadre du Cabinet de Curiosité. Un choix tout à fait compréhensible tellement ce film est en effet curieux. Le pitch de départ a tout d’une comédie romantique et sombre petit à petit dans une ambiance paranoïaque dans un contexte de guerre froide, suite à un coup de téléphone annonçant une attaque nucléaire. Les rebondissements sont multiples, provoquant le doute constamment chez le spectateur sur la réalité ou non de cette menace. Et ce jusqu’aux dernières minutes du métrage. Bien évidement vous ne trouverez ici aucune réponse à cette question car ce serait entaché votre découverte, si vous ne connaissez pas ce film qui respire la fin des eighties. A noter également une excellente bande son électro signé Tangerine Dream (déjà à l’œuvre sur Sorcerer de William Friedkin) qui colle magnifiquement à ce film à l’ambiance pré-apocalyptique.

C’est l’heure du dernier film, pour ma part, de cette journée. N’étant pas fan du cinéma érotique de Jess Franco, j’ai préféré quitter ce troisième jour de festival après Southbound des réalisateurs Roxanne Benjamin, David Bruckner, Patrick Horvath et Radio Silence. Un film à sketches cauchemardesques, où cinq histoire s’entremêlent sur une mystérieuse autoroute sud-américaine. Sur le papier, ou plutôt après avoir vu la bande-annonce, je m’attendais à être enthousiaste à la sortie du métrage, mais ce ne fut pas vraiment le cas. Même si la qualité des la mise en scène est globalement au rendez-vous, les histoires quant a elle sont en demi-teinte. Certaines plutôt réussies, surtout une en particulier (le troisième segment pour être précis) et d’autres nettement moins travaillées, voir basique. Le concept est bel et bien là, mais il aurait mérité plus de cohérence (aussi bien sur le fond que que la forme) entre chaque segments pour nous emporter sur sa totalité. Le film offre une ambiance à mi-chemin entre La Quatrième Dimensions et Les Contes de la Crypte avec des effets gore de très haute qualité ce qui est fort appréciable pour les fans du genre, mais cela ne suffit pas. Âmes sensibles s’abstenir.

Suite du festival demain avec un quatrième jour que j’attends avec impatience, notamment pour la soirée Animokatak (avec Razorback et Phase IV) ainsi que pour le documentaire Le Complexe de Frankestein, sur les effets spéciaux du cinéma fantastique et d’horreur.

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