9ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 4

Quatrième journée en terre hallucinée avec un programme très alléchant : cinq longs-métrages (dont un en projection presse) et deux courts-métrages surprises.

TITRE : Blind Sun
RÉALISATION
: Joyce A. Nashawati

AVEC : Ziad Bakri, Yannis Stankoglou, Mimi Denissi, Louis-Do de Lencquesaing, Laurène Brun, Gwendoline Hamon, Yiorgos Gallos…
ORIGINE : France, Grèce
GENRE : Drame, Fantastique, Thriller
DURÉE : 1h28
DATE DE SORTIE : 20 avril 2016

BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Grèce. Futur proche. Une station balnéaire frappée par une vague de chaleur. L’eau se fait rare et la violence est prête à exploser. Ashraf, immigré solitaire, garde la villa d’une famille française en son absence. Dans ce paysage aride, écrasé par le soleil, il est arrêté par un policier pour un contrôle de papiers…

Comme hier donc, la journée commence tôt le matin avec la projection presse de Blind Sun, premier long-métrage, réalisé par Joyce A. Nashawati. Une production qui faisait partie de mes attentes dès l’annonce de sa programmation. Notamment pour son approche très esthétique et sa bande-annonce mystérieuse. D’autant plus que j’avais bien apprécié son dernier court-métrage, La Permission. S’il y a bien une grande qualité à ressortir de ce film, c’est clairement sa photographie avec ses couleurs d’une éclatante beauté. En revanche, c’est peut-être la seule qualité irréprochable à noter sur ce long-métrage. A l’instar d’Alone, projeté hier pour l’équipe presse, le film ne fait qu’effleurer ce qu’il propose. A mi-chemin entre Le Locataire et Shining, il narre l’histoire d’un immigré en Grèce, à qui l’on confie le travail de veiller sur une luxueuse villa terrée au fin fond du pays hellénique, et qui peu à peu, sombre dans une folie paranoïaque. Surfant sans cesse entre film d’auteur et cinéma de genre, le film se perd et erre d’un côté comme de l’autre sans jamais se positionner clairement, risquant de perdre ses spectateurs. Les sous-textes, que la réalisatrice souhaite aborder en toile de fond, sont très intéressants mais beaucoup trop nombreux, et ne sont du coup, pas assez creusés pour vraiment nous interpeller. Ce qui est fort dommageable, car même si le film est une dystopie très rapprochée de notre époque, ses thèmes sont, eux, totalement d’actualité : critique du racisme et de l’intolérance à la sauce Aube Dorée, l’enfermement de l’Europe face à l’immigration, fossé des classes, contrôle de l’eau par l’industrie, etc… Une erreur de jeunesse partagée entre l’envie de raconter plusieurs choses en même temps et d’en perdre son sujet principal et celle de cibler plusieurs types de publics en même temps. Une déception certes, mais le potentiel est là et on a envie de croire en l’avenir de cette réalisatrice française.

TITRE : Crime dans l’Extase
RÉALISATION
: Jess Franco

AVEC : Soledad Miranda, Fred Williams, Horst Tappert, Ewa Strömberg…
ORIGINE : Espagne, Allemagne
GENRE : Épouvante, Érotique
DURÉE : 1h20
DATE DE SORTIE : 1971

SYNOPSIS : À cause de recherches expérimentales peu orthodoxes, le Dr. Johnson se voit interdit d’exercer par un tribunal de ses pairs. Le choc est tel qu’il se laisse mourir. Inconsolable, sa jeune veuve entreprend de punir ceux qui ont causé sa perte, aidée en cela par sa remarquable beauté.

Retour sur les lieux du festival en début d’après-midi pour un nouveau Zoom sur Jess Franco. Cette fois-ci, je me suis laissé tenter par le synopsis de Crime dans l’Extase, racontant la quête de vengeance d’une jeune femme, suite au suicide de son époux, fraîchement renvoyé de l’ordre médical pour ses méthodes peu orthodoxes. Un pitch de départ rappelant quelque peu l’origin story de L’Île du Docteur Moreau et ses expériences dépassant les frontières de l’éthique. Après cette introduction, le film bascule très rapidement dans un thriller érotique, porté par l’excellente prestation de l’actrice Soledad Miranda face à un Derrick avant l’heure (oui oui Horst Tappert). Comme c’était le cas dans Les Inassouvies, cette production de Jess Franco donne parfois l’impression de n’être qu’un prétexte pour montrer de la nudité souvent gratuite, au dépend d’une histoire qui aurait mérité un bien meilleur traitement. C’est maintenant sûr et certain, la période érotique du réalisateur espagnol (la majeure partie de sa filmographie) n’est définitivement pas pour moi a contrario de ses débuts plus ancrés dans le cinéma fantastique.

TITRE : Le Complexe de Frankenstein
RÉALISATION
: Gilles Penso et Alexandre Poncet

AVEC : Guillermo Del Toro, Joe Dante, John Landis, Kevin Smith, Chistophe Gans, Phil Tippett, Dennis Muren…
ORIGINE : France
GENRE : Documentaire
DURÉE : 1h47
DATE DE SORTIE : 2016

BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Les créatures fantastiques n’ont jamais été aussi populaires qu’aujourd’hui, comme le prouvent les triomphes d’Avatar, Jurassic World, La Planète des singes ou Star Wars. Depuis les prémices du 7e art jusqu’aux dernières révolutions numériques, ce documentaire explore plus d’un siècle d’expérimentations dans le domaine des effets spéciaux, mettant ainsi en lumière, aux côtés des monstres les plus célèbres, la personnalité de leurs créateurs, véritables héritiers du Docteur Frankenstein. Le film célèbre un art unique, fragilisé par l’envol des nouvelles technologies numériques.​

Place maintenant à l’habituel documentaire du festival, avec le fameux Complexe de Frankenstein. Une production que j’attendais avec impatience, et qui s’est révélée être le meilleur film du festival jusqu’à présent, traitant d’un siècle d’expérimentations dans le domaine des effets spéciaux. A la réalisation, deux spécialistes du cinéma de genre, Gilles Penso et Alexandre Poncet. Au programme 1h40 d’histoire du cinéma empreinte d’un savoir-faire qui a marqué plusieurs générations de passionnés. Faisant appel à notre nostalgie, le film enchaîne les interviews des plus grands artisans d’effets spéciaux et autres invités prestigieux, qui partagent leurs souvenirs et leurs avis sur un métier aujourd’hui en déclin à l’heure du tout numérique. Mélangeant espoir pour certains, et pessimisme pour d’autres sur l’avenir de ce métier qui est passé du statut de rock star à celui d’oublié (ou presque), ce documentaire est une véritable pépite qui vous fait ressortir tout sourire.

TITRE : Razorback
RÉALISATION
: Russell Mulcahy

AVEC : Bill Kerr, Chris Haywood, David Argue, Judy Morris, John Ewart, John Howard, Arkie Whiteley…
ORIGINE : Australie
GENRE : Épouvante, Horreur
DURÉE : 1h35
DATE DE SORTIE : 1984

SYNOPSIS : Un soir, dans une maison isolée au milieu du désert australien, un vieil homme, Jake Cullen, et son petit-fils Scotty sont attaqués par un sanglier monstrueux. L’enfant disparaît et le grand-père, amputé d’une jambe, est un moment accusé du meurtre. Deux ans plus tard, Beth Winters, journaliste américaine, débarque dans la région pour enquêter sur un massacre de kangourous…

C’est l’heure maintenant de passer à la soirée Animokatak, une thématique que j’affectionne tout particulièrement. Afin de l’agrémenter, l’équipe du festival y a intégré deux courts-métrages réalisés par Nash Edgerton : Spider et Bear. Deux petits films bien sympathiques avec un postulat très simple mais efficace, une blague qui tourne mal à chaque fois. Un véritable délice d’humour noir. Le premier long-métrage à être diffusé dans la théma, est un énorme souvenir d’adolescence pour moi, Razorback de Russell Mulcahy. L’un des rares bons films du réalisateur avec Highlander et éventuellement L’Affaire Karen McCoy. Avec en bonus pour le public du festival une présentation vidéo de Russell himself. Le pitch est très simple, comme l’a si justement dit Christophe Lemaire dans sa présentation, c’est un Dent de la Mer qui se passe sur terre avec un sanglier géant. Plongé en plein cœur d’une Australie austère, Russell nous propose un voyage aride et crépusculaire entre l’homme et la nature. Trente ans après sa sortie, la bête est toujours aussi impressionnante grâce à une animatronique qui en impose à chaque apparition. Seul bémol, le montage clipesque approximatif, qui lui a moins bien vieilli.

TITRE : Phase IV
RÉALISATION
: Saul Bass

AVEC : Nigel Davenport, Michael Murphy, Wesley Jonathan, James Martinez, Missy Yager, Lynne Frederick, Drew Sidora…
ORIGINE : États-Unis
GENRE : Fantastique
DURÉE : 1h27
DATE DE SORTIE : …
BANDE-ANNONCE
SYNOPSIS : Un mystérieux signal est lance de l’espace. Sur Terre, dans le désert d’Arizona, des fourmis noires d’une espèce inconnue attaquent les humains.

Dernier film de cette thématique et de cette journée, Phase IV, unique long-métrage de Saul Bass. Proposant une approche différente des films d’invasion animale, le réalisateur privilégie une ambiance oppressante et anxiogène sous forme de huis-clos avec un puissant sous-texte écologique. Clairement expérimentale dans sa mise en scène avec d’incroyables plans en macro sur des insectes filmés par Ken Middleham, cette production avant-gardiste est toujours indémodable malgré ses 40 ans d’existence. Dommage que sa réflexion troublante et nécessaire sur la relation de conflit de l’homme face à l’insecte n’ait pas été au cœur de la conception du film, car le sort des insectes qui ont servi au tournage a été funeste. Une contradiction du propos fort dommageable en somme.

Suite du festival demain, avec notamment le retour à la compétition long-métrage (Men & Chicken et Green Room) ainsi que celle consacré aux courts-métrages.

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