9ème édition des Hallucinations Collectives : Jour 6

Sixième et avant-dernière journée en terre hallucinée avec quatre longs-métrages à la programmation et une interview de Thierry Poiraud.

La journée commence avec le dernier film de la thématique : Les singulières. Der Fan de Eckhart Shmidt raconte l’histoire d’une adolescente obsédée par une icône pop dont elle est follement amoureuse. En résulte une plongée dévastatrice entre la groupie et son idole, un ersatz d’Audition de Takashi Miike, le talent en moins. Point positif, la jeune comédienne de l’époque (Désirée Nosbusch) crève l’écran à l’opposé d’aujourd’hui où elle le fait dans les tabloïds allemands. Destin tragique à l’image de son personnage en moins morbide. On notera surtout la dernière séquence plutôt réussie dans son ambiance malsaine, reflet d’une Allemagne toujours meurtrie par l’holocauste.

Retour à la compétition avec le dernier film de cette sélection (pour l’équipe presse) avec Der Nachtmahr d’Akiz. L’artiste-plasticien de métier propose ici son premier long-métrage sous une forme très expérimentale. Le film raconte l’histoire de Tina, une adolescente fêtarde qui voit son quotidien bouleversé par l’arrivée dans sa vie d’une créature avec qui elle est étrangement liée. Avec une introduction tonitruante, le réalisateur allemand nous plonge dans son ambiance épileptique à base de gros son électronique et d’images stroboscopiques extrêmement fusionnelles et sensorielles. L’ambiance change après coup, peu à peu, suite aux premières apparitions de la dite créature et l’histoire bascule petit à petit dans une sorte de remake d’E.T. (totalement assumé par le metteur en scène) sous acide. Pas franchement emballé au départ par le pitch et la bande-annonce, le film m’a au final plutôt convaincu notamment pour l’attachement et l’empathie qui se créent avec la créature. A revoir tout de même, afin de mieux en cerner l’histoire, car au-delà de l’expérimentation, l’intrigue est plutôt confuse.

Tout autre style et surtout toute autre ambiance pour le second film de la carte blanche à Lucile Hadzihalilovic avec L’Incinérateur de Cadavres de Juraj Herz, l’histoire d’un responsable de crémation, fasciné par la mort, qui sombre dans un délire mystique et criminel. Porté par l’impressionnante prestation de son comédien principal, Stanislas Milota, Juraj Herz propose une réalisation hors norme, agrémentée d’un montage précis. Plus les minutes s’écoulent, plus notre malaise s’installe et ne retombe jamais, bien au contraire, il ne fait que monter crescendo jusqu’à la conclusion du métrage. Même après la séance, le film nous obsède et on peine à retrouver notre souffle. Absolument dérangeant, cet Incinérateur de Cadavres est un véritable traumatisme montrant la montée du nazisme en Tchécoslovaquie. Un film qui marque les esprits à vif, sûrement pour toujours.

Place maintenant au dernier film de cette journée, juste après l’interview de Thierry Poiraud, avec le très rare Sonny Boy de Robert Martin Caroll. Malgré un sujet violent, un enfant (Sonny Boy) enlevé à ses parents, subit différents sévices en vue d’en faire un psychopathe qui devra accomplir (une fois adulte) de sales besognes pour «son père adoptif». On se prend d’affection pour ce pauvre Sonny Boy. Mélangeant différents genres : western, thriller, drame, humour noir, le film est une véritable pépite du cinéma de genre peuplé de rednecks totalement déjantés. Une photographie soignée qui sent le sable chaud texan, un magnifique thème country composé par David Carradine (qui joue d’ailleurs un travesti), des personnages hauts en couleur pour la plupart détestables au possible et d’autres beaucoup plus attachants (surtout Sonny Boy). Cette production, introuvable aujourd’hui, est une très bonne surprise.

On se retrouve demain pour le dernier jour du festival, avec au programme deux interviews et deux longs-métrages dont le très attendu High-Rise et son casting de haute volée.

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