Invasion Zombie

AUTEUR : Antonio Dominguez Leiva
ÉDITEUR : Éditions du Murmure

ORIGINE : France, Canada
GENRE : Essai
DATE DE SORTIE : 26 juin 2013
NOMBRE DE PAGES : 62
QUATRIÈME DE COUVERTUREIl est peu d’images aussi marquantes, dans le cadre de l’esthétique contemporaine de l’extrême, que la surenchère transmédiatique et véritablement planétaire des morts vivants. Après une décennie (1985-1995) qui avait connue la « fin du zombie » dans le média qui lui avait jusque-là été le plus propice – le cinéma – , la créature, fidèle à elle-même, renaît de plus belle au tournant du nouveau millénaire, envahissant les plus divers recoins de l’iconosphère globale. Face à une telle invasion, et en syntonie avec la prolifération de « zombie studies», le temps est venu de s’attaquer de front aux morts-vivants, et de rendre compte des mythèmes et des motifs essentiels qui configurent leur esthétique.

Combler le vide par du vocabulaire

La culture zombie à le vent en poupe depuis son grand retour à partir du milieu des années 90. Il est dont logique que de nombreux auteurs s’empare du mythe afin de le décrypter et de l’analyser sous tes aspects. C’est ce qu’a tenté de faire le professeur de l’UQAM de Montréal et un des responsable du site canadien de Pop en Stock, Antonio Dominguez Leiva. Icône auprès de ses étudiants et référence auprès de plusieurs acteurs de la pop culture francophone, c’est donc avec une certaine assurance que l’on s’apprête à se délecter de sa prose dans Invasion Zombie. Grave erreur !

Après un très bref historique de l’histoire de la culture zombie dans la littérature et au cinéma, l’auteur spécialisé dans les essais sur le sexe et l’érotisme, éjecte en deux temps trois mouvements soixante ans de zombies au cinéma pour se focaliser sur le zombie contemporain. Même préparé au terrain par la quatrième de couverture, le choix est plutôt radical et surtout dévoile très rapidement le constat que Antonio Dominguez Leiva semble cruellement manquer de connaissance sur le sujet. Hormis la célèbre première trilogie des Morts-Vivants de George Romero et Les Mort-Vivants de Victor Halperin, quasi aucune œuvre majeure n’est citée pour étayer les propos ou l’analyse de l’auteur. Même pas Lucio Fulci ! La suite de la lecture de cet essai, bien que focalisé sur le zombie du XXIème siècle, ou « néo-zombie » comme il le nomme, ne fera que confirmer ce constat : Antonio Dominguez Leiva manque cruellement de culture zombie pour construire son analyse ! L’auteur québecois se contente principalement de citer, et même d’y revenir constamment, les comics cultes Walking Dead, Marvel Zombies et le très nettement moins connu Remains pour décortiquer la figure du zombie. En plus de cela, l’auteur sort très souvent de son sujet en citant de nombreuses œuvres qui n’ont rien a voir avec le zombie pour appuyer ses théories, par exemple Evil Dead ou Dead Space qui sont des démons ou des possessions, ou encore Je suis une légende qui sont des vampires, etc… Antonio Dominguez Leiva va même jusqu’à se décrédibiliser dans des comparaisons fumeuses, comme cataloguer la relation humain-vampire à de la nécrophilie… Mais aussi en stéréotypant certaines cultures ou se trompant de genre par sa non-maitrise du sujet ,comme qualifier le groupe de brutal death metal Cannibal Corpses de gothique, ou encore qualifier Resident Evil de First Person Shooter

Certes Antonio Dominguez Leiva manie l’art de la prose avec un certains talent et un vocabulaire poussé, ce qui permet au genre d’être traité avec tout le sérieux qui le mérite, là où d’autres caricaturent cette culture. A contrario cette terminologie fera fuir les néophytes. Antonio Dominguez Leiva traite de nombreux sujet allant de l’esthétique du macabre, à la fin du monde, notre humanité qui redevient sauvage comme des « nouveaux barbares », etc… mais ne propose rien de plus qu’un petit précis de la culture « néo-zombie » et d’élaborer seulement des concepts d’études, sans creuser réellement plus loin. Alors que d’autres auteurs ou réalisateurs ont déjà creusé ce concept avec les même constats, mais en étayant leur propos et en allant bien plus en profondeurs. Invasion Zombie souffre donc d’une carence lacunaire qui fait de cette tentative d’essai psycho-philosophique une œuvre maladroite, qui aura du mal à satisfaire à la fois les néophytes par son vocabulaire poussé, et les plus expérimentés qui n’apprendront rien de nouveau. Ce qui est bien dommage car la collection Borderline des éditions Murmure proposent plusieurs essais cinématographiques intéressant sur le papier (Mad Max : l’apocalypse sera motorisée, Éloge de la nanarophilie), mais sont malheureusement écris par ce même auteur, ce qui peut fortement dissuader.


Invasion Zombie est malheureusement un essai mineur dû au manque de connaissances de la culture zombie de son auteur, en tout cas sur le papier.

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